En Belgique et en Italie : grèves et manifestations contre la guerre et l’austérité


Partout, les États se réarment et financent leur fuite en avant par des mesures anti-sociales. Et partout, les mobilisations contre le néolibéralisme et l’économie de guerre montent en puissance et se multiplient. Les grèves organisées en Italie et en Belgique ces derniers jours démontrent, en creux, l’absolue nullité des bureaucraties françaises, qui ont saboté le mouvement Bloquons tout à la rentrée et qui ont mis le mouvement social dans une impasse pendant qu’à l’étranger, de vraies dynamiques sont en cours. Tour d’horizon.


L’Italie contre la guerre et le génocide à Gaza

«Noi la guerra la disertiamo» : «Nous la guerre, on va la déserter». C’est le slogan crié dans un cortège de jeunes avançant dans les rues de Gênes, au nord de l’Italie, le 28 novembre. Une autre banderole clame «Contre l’économie de guerre». Ce jour là, plusieurs syndicats organisaient une grève avec le mot d’ordre «Blocchiamo tutto», «Bloquons tout».

Cette journée s’inscrit dans la continuité des immenses grèves et blocages qui ont eu lieu au début du mois d’octobre pour soutenir la flottille pour Gaza et dénoncer la livraison d’armes à Israël, et qui avaient paralysé l’Italie.

Cette fois-ci, la tonalité des banderoles et des slogans parle évidemment de la question palestinienne, mais affirme aussi une ligne clairement antimilitariste. Les grévistes dénoncent le projet de loi de finances de Giorgia Meloni, décrit comme «un projet de guerre», qui prévoit des coupes dans la santé et l’éducation pour donner plus de moyens à l’armée. Ils exigent aussi une rupture des liens économiques et militaires avec Israël.

En effet, alors que 6 millions d’Italiens vivent dans un état de précarité absolue, soit un Italien sur 10, le gouvernement débloque des fonds pour s’aligner sur les demandes de l’OTAN, qui exige une militarisation massive de toute l’Europe. Un manifestant résume ainsi la situation : «Meloni a décidé d’allouer 34 milliards à la guerre et de ne laisser qu’une maigre somme pour les écoles, la santé et les dépenses sociales».

Plusieurs secteurs ont été fortement touchés par cette grève du 28 novembre : trains, bus, métro, avions, écoles, santé, mais aussi les médias. Des dizaines de milliers de personnes ont marché dans les rues, et une grande manifestation a eu lieu le 29 novembre à Rome. Le mouvement ne compte pas s’arrêter là : un appel à la grève est lancé pour le 12 décembre.

Quatre jours de grèves et de blocages consécutifs en Belgique

Le 14 octobre, 140.000 personnes manifestaient dans les rues de Bruxelles et multipliaient les blocages économiques alors que le trafic aérien était quasiment à l’arrêt suite à une grève massive. De sérieux affrontements avaient aussi eu lieu avec la police.

Les 23, 24, 25 et 26 novembre, dans la continuité de cette journée de lutte mémorable, quatre jours de mobilisation consécutive ont eu lieu, à l’appel d’un front syndical commun et de nombreuses organisations. Le premier jour a été l’occasion d’une manifestation féministe, le lendemain d’une grève dans les transports, puis le secteur public et le 25 au secteur privé. Enfin, le mercredi 26 a été la date culminante, avec une journée de grève générale dans tous les secteurs.

Lors de cette séquence, les transports ont été fortement touchés par les grèves : avions cloués au sol, réseau de tramways, bus et métros très fortement diminués à Liège et Bruxelles, piquets de grève le long des axes routiers, transports ferroviaires ralentis… Lors de ces quatre jours, plusieurs zones industrielles et logistiques étaient aussi bloquées, et la production a tourné au ralenti dans certaines grandes entreprises, notamment automobiles. L’université de Bruxelles était elle aussi en lutte. Les grévistes ont ainsi organisé un relais des arrêts de travail et des actions finalisé par une grève commune, afin de construire une montée en puissance.

Ces mobilisations enthousiasmantes se battent contre le gouvernement «Arizona». C’est le curieux nom du nouvel accord de gouvernement Belge, une coalition allant des centristes à l’extrême droite, qui met en œuvre un plan de bataille anti-social, autoritaire, xénophobe et militariste.

Son programme prévoit la baisse des pensions de retraite, le gel des salaires, le plafonnement des allocations chômage, la fin de l’interdiction du travail de nuit, du dimanche et des jours fériés… Ces mesures s’accompagnent d’annonces liberticides, notamment l’extension de l’interdiction de manifester, et une forte augmentation du budget de l’armée belge, financée par l’austérité. Le gouvernement est aussi en train de remettre le service militaire au goût du jour.


Beaucoup de points communs avec la France. Mais au moins, il y a du répondant dans la rue. La prochaine vague de grèves est annoncée pour le mois de janvier. Et si on s’en inspirait ?


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