Macron et Attal se réjouissent d’un monde sans règle où règne la loi du plus fort

Le clan qui gouverne la France n’est plus à une ignominie près. En 2026, il valide à 100% l’agression d’une grande puissance sur un pays plus faible et la capture de son président pour s’accaparer ses ressources.
Macron et Gabriel Attal, les gentils centristes démocrates, ceux qui ont été élus sur un programme «modéré» de «paix» et de rejet des «populismes», sont désormais parmi les plus féroces supporters de l’extrême droite étasuniennes en Europe. Suite à l’attaque du Venezuela le 3 janvier, Gabriel Attal a publié un communiqué plus trumpiste que Macron. Et Macron est lui-même plus trumpiste que Le Pen et Bardella.
Voici les mots de Gabriel Attal, ancien Premier ministre : «Comme lors des réactions à l’opération américaine en Iran de juin dernier, il y a une forme d’hypocrisie derrière les atermoiements à réagir, les déclarations de façade et les condamnations sans effet». Traduction : dénoncer des bombardements et attaques militaires violant le droit international est «hypocrite», vive la toute puissance étasunienne.
Ainsi, Attal valide le coup d’État : «Nicolas Maduro est un dictateur qui a opprimé son peuple et ruiné son pays, contre les aspirations des Vénézuéliens à vivre libres». Si on devait enlever et menotter tous les dirigeants qui oppriment leurs peuples, il n’y aurait plus grand monde dans les palais présidentiels.
Attal poursuit : «Regardons cliniquement les choses : ces événements sont surtout un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force. Dans ce monde dangereux et violent, les Européens ont évidemment des valeurs à défendre. Mais ils le font aujourd’hui en spectateurs impuissants du délitement de toute forme de règle, et trop souvent en défenseurs béats d’institutions désormais totalement dépassées. Se contenter d’être les derniers à défendre et respecter la Charte des Nations unies, ou encore les règles de l’OMC quand il s’agit du commerce international, c’est sans doute être cohérents avec notre Histoire et fidèles à notre doctrine. Mais c’est surtout être complètement effacés». Ces propos sont absolument gravissimes.
En langage clair, Gabriel Attal estime que, puisque des dirigeants néofascistes agressent d’autres pays et commettent des génocides, alors autant ne plus s’embarrasser du droit international et commettre les mêmes crimes. Le droit international serait même devenu quelque chose de ridicule et périmé selon Attal, car ne pas se comporter comme Trump est «dépassé». C’est un discours criminel. On peut également sourire du petit refrain qui consiste à présenter la France comme un pays scrupuleux du droit international, alors que nous sommes le deuxième vendeur d’armes du monde, que l’armée française mène sans relâche des opérations extérieures en Afrique et que plusieurs territoires restent colonisés en Kanaky comme dans les Antilles.
Attal conclut que «la capacité militaire [française] est à renforcer plus que jamais». Tout ça pour ça. S’armer toujours plus pour être en capacité de mener nous aussi des guerres impériales. Nous sommes bien au delà du silence complice : Attal appelle à s’inspirer de Trump pour ne pas rester «spectateurs» ! Loin de dénoncer les régime militaires d’extrême droite, il appelle à ce que la France fasse comme eux ! Avec ce discours, il aurait aussi été pragmatique de soutenir Hitler lorsqu’il a annexé les Sudètes et mis en camp ses opposants politiques dans les années 1930, et hypocrite de lui demander de respecter le droit international. Il faut se rendre compte de la portée de tels mots au sein de prétendus centristes.
Macron exprime la même chose en des termes plus policés sur Twitter : «Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir». Même le RN, pourtant trumpiste, a tout de même publié un petit rappel au droit international et à la souveraineté des États, en écrivant que «le renversement extérieur d’un gouvernement, par la force, ne saurait constituer une réponse acceptable». Le gouvernement Macron double donc l’extrême droite sur sa droite !
Prenons Macron au mot : s’il est désormais permis d’envoyer des soldats capturer les dirigeants autoritaires ou corrompus, alors il faut menotter Netanyahou, mais aussi kidnapper les dirigeants des pays du golfe, à qui la France vend des armes. Allons même plus loin : puisque Macron est lui aussi un dirigeant qui mutile et enferme ses opposants, et qui ne respecte pas le résultat d’élections législatives qu’il a lui-même convoquées en 2024, il serait donc légitime de bombarder Paris, d’envoyer des forces spéciales à l’Élysée et de le mettre en prison ?
Quoiqu’il en soit, les masques tombent. Depuis trois ans, les macronistes nous imposent un «réarmement» de la France pour, soi-disant, faire contrepoids aux USA et à la Russie. Ils répètent que la France «démocratique» doit être «forte» face aux régimes autoritaires. Mais finalement, ils applaudissent des deux mains une attaque impérialiste illégale de Donald Trump.
Au moins, les choses sont claires : le réarmement n’a pas pour but de «défendre les démocraties libérales», mais d’imiter les Empires militarisés. Et quiconque à gauche continue à prétendre le contraire n’est qu’un hypocrite et un idiot utile des massacres à venir.
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