
Cette semaine, au tribunal de Nantes, se tenait un procès attendu et emblématique. Celui du policier qui avait tué le 3 juillet 2018, d’une balle dans le cou lors d’un contrôle routier, Aboubacar Fofana, 22 ans dans le quartier du Breil.
Quasiment 8 ans après le drame, après 5 jours de procès éprouvant pour les proches de la victime, la justice a tranché. Le CRS est condamné à 7 ans de prison ferme avec mandat de dépôt. Une peine rarissime pour un agent. Les juges ont considéré qu’il était responsable de la mort d’Aboubacar, et ce malgré une campagne scandaleuse des médias locaux ces derniers jours visant à présenter le tireur comme un policier «exemplaire», sans avoir un seul mot pour la victime ou sa famille.
À l’époque la hiérarchie policière avait falsifié les faits, tentant d’incriminer Aboubacar, présenté comme «dangereux» et refusant d’obtempérer. Ce sont des vidéos du voisinage qui avaient permis de rétablir la vérité : le jeune homme au volant de sa voiture ne représentait aucun danger, ni pour les CRS ni pour les passants sur la voie publique.
Ce crime policier avait déclenché une vague insurrectionnelle historique dans la métropole. De longues nuits d’affrontements dans toutes les cités la ville durant des jours, des bâtiments de la mairie partis en fumée, un commissariat repeint en rouge en solidarité… La voiture de la maire de Nantes, Johanna Rolland, avait même été incendiée.
Pour éteindre la colère, l’État avait déployé les grands moyens. Des centaines d’agents surarmés avaient été dépêchés dans les quartiers nantais, et des peines exemplaires prononcées contre les révolté·es.
La lourde peine qui touche l’assassin d’Aboubacar est la démonstration que les appels au calme ne servent à rien, et que la révolte pèse dans la balance. À Nantes, après la mort de Steve un an plus tard lors de la fête de la musique, les appels à ne pas manifester et à faire «confiance en la justice» s’étaient conclus par une impunité générale des forces de l’ordre. L’assassin de Steve avait même été récompensé.
Une preuve de plus que jouer le jeu des autorités n’apporte aucune garantie de justice…
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