Jérusalem : les bulldozers israéliens rasent le bâtiment de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens


Mardi 20 janvier les tractopelles et bulldozers sont venus détruire le siège de l’UNRWA, l’agence de secours et de travaux des Nations unies, à Jérusalem.


Ce 20 janvier les bulldozers sont venus détruire le siège de l'UNRWA, l'agence de secours et de travaux des Nations unies, à Jérusalem.

À 7h du matin, après l’expulsion des gardiens, les autorités coloniales ont commencé leur sale besogne. Depuis 1949, cette agence venait en aide aux réfugié·es palestinien·nes, notamment en gérant des centres de santé et des écoles. Ce sont ainsi des milliers d’enfants qui vont se retrouver privés d’éducation et de soin. L’agence n’était déjà plus qu’une coquille vide, puisqu’interdite d’activité sur le sol israélien depuis 2024, mais aussi dans la partie arabe de Jérusalem, annexée illégalement depuis 1981.

L’entité génocidaire accusait en effet des membres de l’UNRWA d’avoir participé à l’attaque du 7 octobre, et donc d’être terroristes, sans bien sûr n’en avoir apporté aucune preuve. Une criminalisation de l’action humanitaire. En décembre 2025, la Knesset adoptait un amendement imposant la coupure de l’électricité et de l’approvisionnement en eau des installations de l’UNRWA. Suite à cela, la clinique de l’UNRWA dans la Vielle Ville de Jérusalem, qui fournissait des soins aux réfugié·es depuis 1950, a été fermée. Les colons ont militarisé l’aide humanitaire pour supplanter celle de l’ONU. À Gaza, des milices proches de Daesh épaulées par l’armée israélienne ont été chargées de la distribution d’aide alimentaire, une opération particulièrement perverse : les survivant·es affamé·es réunis près des lieux de distribution ont reçu des rafales d’armes de guerre à plusieurs reprises, causant des centaines de morts.

Le fanatique extrémiste Itamar Ben Gvir, ministre de la sécurité intérieure, a déclaré : «Aujourd’hui, nous avons vaincu l’ennemi, il a été chassé de Jérusalem et, avec l’aide de Dieu, nous le chasserons de toutes les régions de la terre d’Israël». Le maire adjoint de Jérusalem a quant à lui promis de «chasser, tuer et détruire tous les membres de l’UNRWA, si Dieu le veut». Une menace mafieuse et fasciste. Roland Friedrich, directeur de l’UNRWA en Cisjordanie, a évoqué une «intention probable» de «s’emparer des terrains pour construire des colonies».

Israël est en guerre contre les organisations humanitaires. Plus de 300 employé·es de l’UNRWA ont été tué·es dans la bande de Gaza depuis 2023, et 12.000 y travaillent encore. Un bilan sans précédent pour des travailleur·ses humanitaires en temps de guerre. Israël vient une nouvelle fois de bafouer de manière flagrante le droit international, sans que cela ne fasse réagir aucun de nos dirigeants. Les bâtiments de l’ONU sont pourtant en principe inviolables pour tous ses membres. Mais le régime génocidaire n’a que faire du droit international, puisqu’il n’est jamais sanctionné.

Au-delà de la fin d’une aide vitale apportée aux milliers de réfugié·es palestinien·nes qui continuent de vivre sous la menace quotidienne des frappes de l’entité israélienne, ce sont aussi des milliers d’archives qui disparaissent lors de telles destructions. Génocider un peuple, c’est aussi cela : tenter d’effacer son histoire, en plus de massacrer sa population.

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