
Lundi 26 janvier, le gouvernement a officialisé une vague massive de suppressions de postes dans l’Éducation Nationale en 2026. 4000 postes d’enseignants titulaires vont disparaître, une mesure contre laquelle une majorité de députés s’était pourtant opposée en commission. Mais on le sait, le gouvernement impose le budget par 49.3.
Les syndicats sont sous le choc, parlent d’un plan «sanglant» et d’une «douche froide». Ils préviennent : «Ça va faire très mal dans certaines académies». À la rentrée, il y aura donc 2200 enseignants en moins dans le primaire et 1800 dans le secondaire, avec des régions particulièrement sacrifiées, comme le Nord de la France.
L’argument de la droite est que le nombre d’élèves est en baisse. Ce qui est vrai, la démographie étant vieillissante. Mais cela aurait justement pu être l’occasion de mettre les établissements scolaires à un niveau convenable, et de se rapprocher des standards des pays voisins. Les classes françaises restent parmi les plus chargées d’Europe, et les salaires des enseignants stagnent à un niveau anormalement bas comparés aux autres pays riches. Mais pas question pour les néolibéraux, il faut «ajuster» les dépenses de l’Éducation, et faire des économies sur l’enseignement, donc sur l’avenir des plus jeunes.
À l’inverse, un seul ministère sort grand gagnant du budget 2026 : le Ministère des Armées qui bénéficie d’une hausse de 6,7 milliards d’euros par rapport à 2025. L’argent coule à flot pour l’armement et les usines de canons qui augmentent la cadence. L’armée reçoit cette année un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque et 242 véhicules blindés en plus de lots de munitions. Et dire qu’il n’y avait «pas d’argent magique» pour les équipements vitaux et que le gouvernement a fermé des centaines de gares et de bureaux de Poste en France au nom de la «réduction des dépenses publiques»…
Ce n’est pas tout. 40.000 recrutements sont prévus par le Ministère des Armées en 2026. 10 fois plus que de postes de profs supprimés ! Au total, le Ministère qui sert à faire la guerre va bénéficier de 68,4 milliards d’euros de budget, soit 4 milliards de plus que celui de l’Éducation, si l’on excepte les pensions.
Autre secteur qui bénéficie d’une rallonge budgétaire : la police. Le Ministère de l’Intérieur obtient une rallonge de 371 millions d’euros pour une enveloppe totale de 17,69 milliards d’euros, sans compter les retraites des agents. Le budget de la mission «Sécurité», qui regroupe la police, la gendarmerie et les sécurités civile et routière est, avec l’armée, le seul qui monte.
Moins de profs, plus de militaires et de flics : c’est un choix de société. Le gouvernement ne diminue pas les dépenses, il réoriente l’argent public des dépenses sociales et éducatives vers le secteur guerrier et répressif. Cette course vers l’abîme nous est imposée sans le moindre débat. Et avec le soutien du Parti Socialiste.
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