
Ce n’est plus un secret pour personne : l’État israélien instrumentalise et dévoie l’accusation d’antisémitisme pour salir toutes les personnes qui dénoncent la colonisation de la Palestine et le génocide à Gaza. Inversement, il est aussi l’ami de l’extrême droite occidentale. Netanyahou est un allié des courants politiques issus du nazisme et du fascisme, ceux-là mêmes qui ont exterminé les juifs européens, mais qui sont désormais considérés comme des partenaires dans une perspective suprémaciste, impériale et islamophobe.
Cette alliance stupéfiante s’affiche de manière de plus en plus obscène. Prenons la chaîne de télévision franco-israélienne I24. Ce média de propagande ne devrait même pas avoir le droit d’émettre en France, tant il est complice de crimes contre l’humanité. I24 a relayé tous les pires mensonges de l’armée israélienne, donné la parole aux plus fanatiques des colons sionistes et colporté les plus atroces calomnies contre les soutiens de la Palestine. Cette chaîne est le porte-voix de Netanyahou sur le sol français.
Et bien I24 voit des antisémites partout, sauf là où il y en a vraiment. Le 29 janvier, elle recevait comme invité d’honneur le théoricien d’extrême droite Renaud Camus. Celui-ci déclarait qu’il est «ardemment sioniste». La belle affaire. Renaud Camus est surtout l’un des plus grands représentants du racisme et de l’antisémitisme en France encore en vie.
Cet écrivain s’est illustré dès les années 1970 et 1980 par des écris favorables à la pédocriminalité, signés sous les pseudonymes de «Tony Duparc» et «Denis Duvert», un hommage au violeur d’enfants Tony Duvert. Camus exprime son admiration pour ce dernier, et dénonce le fait de «jeter en prison» des hommes qui ne sont «coupables que d’avoir partagé du plaisir avec des enfants». Il s’inscrit alors dans toute la tendance pro-pédophilie de l’époque, portée par des auteurs comme Gabriel Matzneff ou un journal comme Libération.
En 2000, il sort un livre intitulé La Campagne de France dénonçant le trop grand nombre de Juifs présents selon lui sur France Culture. Il y parle aussi de «race juive». Le livre fait scandale, et il est temporairement dépublié. En 2010, Camus tient des propos violemment racistes lors d’un congrès contre «l’islamisation», où il désigne les musulmans comme des «voyous», des «soldats», «le bras armé de la conquête» […] des «colonisateurs» cherchant à rendre «la vie impossible aux indigènes», à les forcer «à fuir». Il est condamné en 2014 pour ces mots.
Surtout, Camus est l’inventeur du concept de «grand remplacement». Désormais banalisée, cette théorie raciste prétend que des «élites» voudraient «remplacer» les populations blanches européennes par des immigrés. Une lecture raciale et complotiste de la société, d’abord appréciée dans les franges les plus extrême de l’extrême droite, aujourd’hui reprise jusqu’au centre-droit.
Plusieurs terroristes néo-nazis se sont inspirés de ces idées avant de passer à l’acte. Par exemple, le 15 mars 2019, à Christchurch en Nouvelle-Zélande, un néo-fasciste tue 49 personnes après avoir publié un manifeste intitulé «Le Grand remplacement». L’auteur de la tuerie d’Utoya et d’Oslo en 2011 invoque également ce concept, comme les terroristes d’El Paso, de Pittsburgh, Halle, Hanau. Camus fournit l’ossature idéologique de massacres racistes.
En 2017, l’auteur renouvelle des propos antisémites, estimant que «le génocide des juifs […] paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global». La Shoah serait un point de détail en comparaison de l’immigration : du révisionnisme pur et dur.
Aujourd’hui âgé, Camus reste le compagnon de route et l’inspirateur de l’extrême droite la plus dure, et publie régulièrement sur Twitter des envolées racistes. Voilà qui I24 choisit d’inviter. Un représentant de la plus pure tradition suprémaciste blanche française, marchant dans les pas de l’héritage fasciste antisémite.
Cette alliance entre le sionisme et le néo-nazisme est récurrente. Le 23 janvier 2025, après le salut nazi du milliardaire propriétaire de Tesla lors de l’investiture de Trump, Netanyahou avait écrit : «Elon Musk est faussement diffamé. Elon Musk, c’est un grand ami d’Israël. […] il a soutenu à plusieurs reprises et avec force le droit d’Israël à se défendre contre les terroristes génocidaires et les régimes qui cherchent à anéantir le seul et unique État juif. Je le remercie pour cela».
Netanyahou aussi voit des antisémites absolument partout, sauf là où il y en a. Rappelons qu’il a traité le pape, l’ONU et quiconque soutenait le peuple de Gaza bombardé d’antisémite. Mais pas Elon Musk, fervent soutien du parti d’extrême droite allemand AfD, habitué des déclarations ouvertement antisémites et ayant permis la réouverture de centaines de comptes d’influenceurs néo-nazis. Soit dit en passant, le fait que quelqu’un considéré comme un «grand ami d’Israël» fasse des saluts nazis devrait sérieusement interroger tout le monde sur ce qu’est devenu ce pays sur le plan politique. De même que le fait que Renaud Camus se revendique «ardemment sioniste» tout en étant antisémite.
Netanyahou n’en est pas à son coup d’essai. En 2015, il déclarait déjà que «Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs», affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. C’est évidemment complètement faux. Hitler, obsédé par la hiérarchie raciale, puisait son programme dans l’antisémitisme européen et avait annoncé ses projets exterminateurs bien avant la guerre. Mais en mentant ainsi, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.
Le même Netanyahou s’est rendu à Budapest l’année dernière, invité par Viktor Orban, un dirigeant qui laisse manifester des néo-nazis dans sa capitale et qui a réhabilité des figures pro-nazies de la seconde guerre mondiale, notamment Miklós Horthy, dirigeant collaborationniste responsable de massacres de juifs hongrois. Dans le même registre, Jordan Bardella et Marion Maréchal ont été reçues en grande pompe à Jérusalem. Également, l’écrivain sioniste Finkielkraut, qui insulte très facilement ses contradicteurs d’antisémites, n’a pas hésité à animer une soirée auprès de L’Action Française en 2024, un mouvement royaliste, antisémite et violent fondé par Maurras et prônant un «nationalisme intégral».
Voilà les amis d’Israël : des néo-nazis, des révisionnistes et des racistes. Le Likoud et I24 sont la figure de proue d’une internationale brune qui va de Trump à Orban en passant par Le Pen, et qui partage les mêmes idées colonialistes et génocidaires, le même racisme, la même violence.
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