Retro : en 2021, quand l’extrême droite tentait de tuer à Nantes, elle bénéficiait d’une impunité totale

Photo de Wilfried Van Liempd et cinq autres hommes passant à tabac une personne au sol. Il y a deux matraques télescopiques en fer, une ceinture avec une boucle métallique, une poutre et des paires de poings.

Sur cette photo, 6 hommes passent à tabac une personne au sol. Il y a deux matraques télescopiques en fer, une ceinture avec une boucle métallique, une poutre et des paires de poings. Il est près de 17h, le 31 juillet 2021, et un commando néo-nazi armé composé de dizaines d’individus attaque une manifestation dans le but de tuer. Quand on lynche un homme à coups de poutre et de barres métalliques au niveau de la tête, alors qu’il est au sol, on veut tuer. Cette image ne fera pourtant pas le tour des médias, ne provoquera aucune réaction politique. Elle ne sera pas «condamnée» par tous les élus. C’est un non-événement, l’extrême droite fait ce qu’elle veut.

Ce jour là, la barbarie et la lâcheté étaient dans les rues de Nantes. Les individus armés sur cette photo travaillent avec le collectif pétainiste Civitas, qui profitait de la mobilisation contre le Pass Sanitaire pour parader. Ils ont pu entrer sur le lieu de la manifestation avec leurs armes, malgré les contrôles de police. Ces individus étaient entraînés, ils avançaient en ligne, obéissaient aux ordres, se déplaçaient et frappaient juste. Les forces de l’ordre restaient en retrait.

Au centre, avec une matraque télescopique, un certain Wilfried Van Liempd, chef de meute. Sur les réseaux sociaux, il s’était photographié avec un fusil, multipliait les publications d’extrême droite.

Pourtant, ni lui ni aucun de ses camarades ne seront jamais inquiétés. Non seulement ces faits ont été entièrement filmés et diffusés par des témoins sur internet, mais l’intéressé va même se vanter de ses «exploits» sur internet, en revendiquant l’attaque du cortège. Plus ahurissant encore, Wilfried Van Liempd a été invité durant l’été 2021 à justifier ses actes dans les colonnes du journal Ouest-France. Dans ces articles, le militant d’extrême-droite peut alors, sans contradiction, expliquer qu’il a été «acculé» par «un groupe d’ultra-gauche» et qu’avec ses amis, il n’a fait que «résister». Pourtant, absolument toutes les images et les témoignages montrent sans contestation possible une charge du groupe néo-nazi, manifestement préparé au combat, organisé, attaquant en équipe.

En décembre 2021, la presse locale donne à nouveau la parole Wilfried Van Liempd pour qu’il explique tranquillement son engagement en faveur de Zemmour. Pas une question ne lui est posée sur ses attaques, ni sur l’impunité dont il bénéficie. Personne, évidemment, ne réclamera la dissolution du parti d’Éric Zemmour, comme la classe politique le fait actuellement pour la Jeune Garde, sans aucune preuve de son implication.

Quant à Wifried Van Liempd, non seulement il ne sera jamais condamné, mais il ne sera même pas convoqué pour une audition au commissariat. À Nantes, le moindre colleur d’autocollant est plus durement réprimé que ce chef de meute nazi, dont les violences sont avérées !

L’inversion en cours est hallucinante : les antifascistes sont présentés comme une entité monstrueuse qui se serait levée un matin pour tuer de jeunes catholiques non-violents. Pourtant, l’antifascisme est une RÉPONSE à la violence d’extrême droite, et aux protections policière et judiciaire dont bénéficient les fascistes. C’est une conséquence, pas une cause. C’est même bien souvent une question de survie.

Personne ne mérite de mourir, et la violence est toujours un échec. Mais quand des milices tentent de tuer avec la bénédiction des autorités, faut-il mourir pour ne pas heurter les bonnes âmes ? Que faire quand la terreur nazie règne dans votre ville et que personne ne vous protège ?

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