Retour sur la première grande mobilisation antifasciste à Nantes depuis la déflagration politique du 12 février
26 février à Nantes : la nuit tombe, les gyrophares illuminent la nuit, des centaines de personnes affluent devant le monument aux morts du Cour des 50 Otages, exécutés par les nazis, rappelant que la ville est marquée au fer rouge par la barbarie nazie.
L’énorme présence policière n’a pas empêché la population nantaise de se réunir contre la fascisation rapide qui s’installe en France. Après 10 jours de sidération, de mensonges éhontés, d’inversion et de propagande, Nantes relève la tête. Angela Rostas, Clément Méric, Federico Aramburù, Ismaël Aali, Hichem Miraoui, Jean Jaurès: des visages de personnes tuées par l’extrême droite, célèbres ou anonymes, sont déposées à la lueur de dizaines de bougies, autour d’une banderole. Ces victimes n’ont pas eu le droit à des minutes de silence à l’Assemblée, il ne tient qu’à nous d’en raviver le souvenir.
La foule enfle. Un syndicaliste de la CGT rappelle l’urgence de construire un front uni contre le fascisme, appelle son syndicat à réintégrer Jacques-Élie Favrot, l’assistant parlementaire emprisonné suite à l’affaire lyonnaise et radié depuis sa mise en examen. Il souligne que «le fascisme n’est pas la disparition de la démocratie mais sa continuation en temps de crise», quand la bourgeoisie se radicalise, et espère que ce rassemblement soit «un début et non une fin». Un intervenant évoque le contexte local : les violences néo-nazies à Nantes et alentours, qui ont failli tuer plusieurs personnes mais n’ont jamais eu d’écho national. Puis le cortège s’élance, dans le crépitement d’un fumigène, cerné par un très important dispositif policier.
Les portraits des victimes du fascisme sont brandis derrière une banderole appelant à l’autodéfense populaire. Un slogan résonne : «Ici, on ne pleure pas les nazis», puis «Nantes est antifa». Il y a plus de 1000 personnes. La police tente de nasser le cortège à Hôtel Dieu, qui ne se laisse pas démonter. D’autres fumigènes sont allumés, et la foule danse au rythme d’une sono.
Le cortège repart, mais sera à nouveau nassé et réprimé quelques centaines de mètres plus loin. Les CRS sont ultra-agressifs et cherchent à déclencher des violences, braquant leurs LBD dans la foule. C’est un rappel qu’à Nantes, c’est bien l’extrême droite en uniforme, celle qui est armée par l’État et qui a carte blanche, qui est le principal danger.
Pour autant, cette première grande manifestation massive contre le fascisme depuis la déflagration du 12 février est un bon signal. Plus d’un millier de personnes ont relevé la tête, très jeunes dans leur écrasante majorité. Il est temps que le reste de la population et de la gauche organisée rejoigne cette étincelle.
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