En Allemagne : une nouvelle grève lycéenne contre le service militaire

"Vos guerres, nos vies, saboter plutôt que marcher au pas" : la banderole de tête de la manifestation anti-guerre lors de la grève lycéenne en Allemagne.

En France, le débat est confisqué et les voix discordantes sont censurées : le «réarmement» s’impose à marche forcée, avec une série de décisions présidentielles sans débat ni contre-discours. En Allemagne, au contraire, un grand mouvement antimilitariste parti de la jeunesse se construit et s’amplifie. Il ne tient qu’à nous de les suivre.

Jeudi 5 mars, des milliers de jeunes allemands sont descendus dans la rue dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale contre la militarisation. La jeunesse allemande s’inspire des «grèves pour le climat» qui avaient mobilisé des millions de lycéens et lycéennes ces dernières années, mais orientées contre la guerre. Derrière le slogan : «Plus jamais le service militaire», 10.000 jeunes ont ainsi défilé dans le cadre de cette «grève scolaire» à Berlin.

Des dizaines d’autres manifestations ont eu lieu dans les petites et grandes villes. La police comptabilisait 500 jeunes dans les rues de Göttingen, où une banderole clamait «saboter plutôt que marcher au pas», 550 à Hanovre, et des centaines dans de nombreux autres endroits. Tou·tes ces manifestant·es ont quitté leurs salles de classe pour manifester.

La répression a lieu directement dans les lycées. L’une des porte-paroles du mouvement explique : «Nous avons déjà reçu des informations selon lesquelles des enseignants ont tenté de reporter les épreuves prévues pour les déplacer le jour de la grève» afin d’empêcher les élèves de rejoindre la mobilisation. Des enseignants dénoncent en effet les débrayages, et relaient la propagande militariste.

Des milliers de jeunes manifestent contre la guerre en Allemagne le 5 décembre 2025

Le 5 décembre, 55.000 jeunes avaient manifesté partout en Allemagne contre le retour du service militaire. Sur les banderoles et les pancartes, on pouvait lire : «Pas de conscription !», «Vous n’aurez pas nos vies», «Armée, hors de nos écoles», «Nous sommes jeunes, nous sommes bruyants, parce que vous nous volez nos vies» ou encore «Guerre à la guerre». Des actions avaient eu lieu dans au moins 90 villes. Fin février à Hambourg, au moins 3000 jeunes ont défilé avec les mêmes mots d’ordre. Des comités de grève s’organisent dans plusieurs établissements.

Depuis le 1er janvier 2026, le service militaire volontaire est officiellement lancé par le gouvernement de droite allemand : tous les jeunes hommes âgés de 18 ans ont l’obligation de répondre à un questionnaire de l’armée et de se soumettre à un examen médical en vue d’un enrôlement potentiel. Les femmes peuvent participer sur la base du volontariat. L’objectif annoncé est de recruter au moins 20.000 jeunes par an dans l’armée, pour atteindre une force de 270.000 hommes prêts à la guerre d’ici 2035, et de faire de l’armée allemande la première d’Europe.

Pour le moment, les autorités parlent d’un service «volontaire» et rémunéré, mais annoncent qu’il pourrait devenir obligatoire s’il n’y a pas assez de recrues.

Outre-Rhin, le réarmement se fait à marche forcée. Les budgets militaires ont explosé en quelques années seulement, les usines d’armes tournent à plein régime et le gouvernement multiplie les déclarations bellicistes. Comme en France. Et la jeunesse allemande montre la voie : construire un mouvement international anti-guerre, depuis les lycées et les universités.

Nos dirigeants nous emmènent vers la guerre et accélèrent leur agenda, à nous d’en faire de même.

AIDEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.

Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.