Tirer une balle dans la tête sans intention de donner la mort


La Cour d’appel de Versailles requalifie l’exécution de Nahel en «violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner»


Florian Menesplier au moment où il appuie sur la gachette, tuant Nahel d'une balle en pleine tête.

Le 27 juin 2023, Nahel, 17 ans, était abattu à bout portant dans l’habitacle de sa voiture par un policier. Le tueur, Florian Menesplier – un ancien militaire passé par le lycée privé catholique Sainte-famille Saintonge – avait dans les jours qui ont suivi gagné 1,6 millions d’euro grâce à une cagnotte de soutien à son crime. Depuis le début de la procédure, qui s’apparente à une vaste mascarade, Florian Menesplier a pu profiter de nombreux privilèges : salaire maintenu, cagnottes, soutien total de l’institution policière, interventions personnelles de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, réintégration malgré un rapport négatif de l’IGPN et mutation au soleil du Pays basque

Florian Menesplier, 38 ans et millionnaire, ne sera donc jamais présenté devant une une cour d’assise pour avoir exécuté un adolescent. Jugé par une cour criminelle, il échappera au jury populaire et risquera « seulement » 15 ans de réclusion.

Cette nouvelle qualification, affligeante, s’inscrit dans la double mesure permanente qui caractérise la collaboration étroite entre justice et police. En comparaison, début juillet 2023, alors que le pays s’embrase après la mort de Nahel, un homme avait été condamné à 10 mois de prison ferme pour avoir dérobé une canette de Redbull dans un Monoprix. Cette non-reconnaissance d’un meurtre à bout portant illustre le profond mépris des institutions envers la famille de la victime et la vague insurrectionnelle qui avait secoué tout le pays à l’été 2023, mais aussi la soumission de l’institution judiciaire à un pouvoir policier raciste qui s’arroge tous les droits.

La famille de Nahel, par le biais de son avocat, a dénoncé une décision «scandaleuse et honteuse» mais aussi «politique». Symbole de l’impunité policière à son plus haut degré de violence, la mort de Nahel restera donc impunie. Pire, les policiers responsables de violences continuent d’être largement soutenus par leur hiérarchie et la justice, et ils peuvent même espérer bénéficier tranquillement de cagnottes qui les rendent millionnaires. Et lorsque la population se rebelle face au manque de justice, c’est l’occasion pour la police de déclencher de nouvelles violences et faire un peu plus sécession.

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