En réponse à l’agressivité des États-Unis envers Cuba, le débarquement d’une flottille d’aide humanitaire baptisée Nuestra America est prévu pour ce samedi 21 mars à Cuba, en soutien à sa résistance historique face à l’impérialisme capitaliste.

Le 3 janvier 2026, les États-Unis kidnappaient le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, en violation absolue du droit international. Une agression spectaculaire accompagnée de menaces contre le Mexique, la Colombie et toute l’Amérique Latine, pour affirmer la suprématie impérialiste des USA sur le continent. Depuis, l’étau n’a fait que se resserrer autour de Cuba.
Prisonnier d’un blocus imposé par Washington depuis 1962, le pays communiste avait sous la présidence Obama entamé un processus de normalisation de ses relations avec l’oppresseur américain. Ce processus allait de concert avec une “actualisation de l’économie” cubaine sur le modèle néolibéral, passant par le développement du secteur touristique, l’ouverture aux capitaux étrangers et l’importation de dollars américains.
Toutefois, l’arrivée de Donald Trump au pouvoir a marqué la fin de cette parenthèse et le revirement des États-Unis vers une approche offensive de leurs relations avec Cuba. L’interlude Biden ne fut quant à lui l’occasion d’aucun ralentissement significatif de la politique trumpiste. Dès son premier mandat, plus de 240 sanctions économiques ont ainsi été adoptées par Donald Trump contre Cuba. Par la suite, la crise du Covid-19 est venue porter un coup sévère à son économie fraîchement réorientée vers le tourisme.
Désormais, le Venezuela assujetti aux États-Unis à travers le régime de Delcy Rodríguez est empêché par ces derniers d’exporter du pétrole vers Cuba, alors que l’île en dépend – d’autant plus qu’elle le lui achetait à tarif réduit. Cette dépendance est notamment celle du réseau électrique cubain, qui a subi plusieurs pannes générales ces derniers jours. En parallèle, ses autres sources de pétrole comme le Mexique et le Brésil ont également cessé la quasi-totalité de leurs exportations vers Cuba, sous la menace d’une augmentation des droits de douanes par Donald Trump. C’est une véritable politique d’asphyxie énergétique et économique de l’île qui est organisée.
Sur un plan politique, le secrétaire d’État de la Maison Blanche, Marco Rubio, est un cubano-étasunien issu d’une famille de la bourgeoisie réactionnaire anti-castriste exilée en Floride, au même titre que près de 2 millions de personnes. Les motivations personnelles de celui qui œuvre activement à la soumission de l’île convergent avec ses motivations électorales. En effet, la diaspora cubaine présente en Floride est majoritairement composée d’anti-castristes haïssant le communisme, toujours en quête de revanche politique et de retour au pays.
Si Donald Trump cherche à soumettre le régime cubain par la pression économique et diplomatique, l’hypothèse d’une attaque de l’île par l’armée des États-Unis ne semble pas la plus probable à ce stade, car dans un tel cas les potentielles migrations de cubains vers la Floride pourraient creuser l’impopularité de Donald Trump avant les mid-terms.
Cependant, l’imprévisibilité entretenue par ce dernier, dans le cadre de ce qui est souvent nommé “stratégie du fou”, laisse planer un certain doute à ce sujet. Lundi 16 mars, le Président des États-Unis a ainsi déclaré devant la presse : “Je pense que j’aurai l’honneur de prendre Cuba. […] Que je la libère ou la prenne, je pense que je peux faire ce que je veux avec. Si vous voulez la vérité, c’est une nation très affaiblie actuellement”.
Au final, qu’importe la méthode employée, le but visé par les États-Unis reste le même : soumettre Cuba, son peuple et son régime, symboles historiques du refus de s’aligner sur un capitalisme impérialiste toujours plus meurtrier et injuste. Et tout cela à quelques centaines de kilomètres des côtes étasuniennes.
Cuba ne représente pas une menace pour les États-Unis. La pauvreté de sa population, son réseau électrique défaillant, son économie à bout de souffle, ses pénuries multi-sectorielles ou même son manque de matériel militaire sont autant de facteurs qui l’empêchent d’envisager une quelconque velléité offensive, envers quelque pays que ce soit.
La pression des USA semble par ailleurs porter ses fruits puisque le gouvernement cubain a d’ores et déjà annoncé des réformes voulues par les États-Unis et montré sa volonté de coopérer avec les entreprises étasuniennes. Les États-Unis, superpuissance en pleine fascisation, organisent une fois de plus une prédation envers Cuba – comme envers ses autres cibles de par le monde – strictement injustifiable.
L’île est seule et acculée, à la merci d’un ogre atteint dans sa fierté par la simple existence, aussi miséreuse soit-elle, d’un pays communiste petit, mais indépendant et insoumis. Abandonnée par les diplomaties mondiales, Cuba reste un régime autoritaire et très loin d’être parfait, mais qui doit être soutenu contre les agressions impérialistes.
C’est dans cette optique qu’il y a plusieurs jours, la flottille Nuestra America a levé l’ancre en partance pour Cuba, depuis des ports des Caraïbes et du Golfe du Mexique. L’objectif du convoi maritime, accompagné de transports aériens, est d’atteindre l’île avec des marchandises de première nécessité dans ses cales. Au total, ce sont vingt tonnes de nourriture, médicaments et autres produits essentiels qui doivent être acheminés vers l’île.
À bord de cette flottille internationale se trouvent notamment des députés de plusieurs pays, des syndicats et des organisations humanitaires. Mardi 15 mars 2026, un premier équipage européen a déjà pu débarquer sur les côtes cubaines, apportant avec lui du matériel hospitalier. Les éléments de la flottille toujours en mer sont attendus ce samedi 21 mars, avec le reste de la cargaison.
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