La police française préfère lutter contre des piscines et des baignades que contre la pédocriminalité


Les opérations policières contre des piscines en pleine canicule se multiplient ces derniers jours. En France, les forces de l’ordre sont ultra-réactives pour priver les classes populaires d’accès à un peu de fraîcheur.


À Clermont-Ferrand, des policiers lascèrent une piscine installée pour apporter un peu de fraîcheur aux enfants des quartiers populaires, alors que Jérôme Barella a pu commettre des crimes en toute impunité, sans que la police enquête pendant 9 ans.

Exemples à Clermont-Ferrand. La police est intervenue pas moins de 4 fois en 48 heures pour priver les habitants d’une cité en surchauffe d’un point d’eau. Le 24 juin, cinq fourgons de police débarquent dans le quartier de la Gauthière pour démanteler une petite piscine, installée par des jeunes pour trouver un peu d’humidité par 40°C, au milieu des tours. Une vidéo de cette scène scandaleuse a circulé sur les réseaux sociaux. Mariane Maximi, députée LFI du Puy-de-Dôme, s’indigne : «Les enfants des classes populaires n’ont que ça pour se rafraichir et on leur envoie la police ?»

Le 25 juin, le journal local La Montagne explique que la police est de nouveau intervenue à 14 heures et 16 heures pour détruire des piscines.

Le 26 juin : encore une descente de police. Cette fois-ci, la piscine achetée par les habitants n’est même pas sur la rue, elle a été déplacée sur une pelouse. Elle ne gêne personne, mais apporte un peu de confort. Les agents encerclent à nouveau les jeunes qui se baignent, et percent la piscine. Ces humiliations répétées sont criminelles : les habitants des quartiers populaires sont particulièrement exposés aux fortes chaleurs. La promiscuité, les appartement mal isolés et les tours en béton rendent beaucoup plus difficile la canicule que pour des personnes vivant dans des maisons avec jardin. Non seulement l’autogestion des habitants qui installent des points d’eau en bas de chez eux ne devrait pas être réprimée, mais elle devrait même être encouragée par les services publics. Ces habitants pallient aux manquements de l’État pour aider les population les plus exposées.

Ces interventions à répétition à Clermont ne sont pas isolées. Fin mai à Paris, lors de la première vague de canicule, les forces de l’ordre avaient harcelé à d’innombrables reprises les personnes qui se baignaient dans le canal Saint-Martin, par 33 degrés. Contrôles, amendes, blocage des passerelles, et même quelques arrestations pour contrarier les baigneurs. Finalement, la mairie a fini par autoriser les bains, il était temps.

Autre cas à Metz : des habitants se sont jetés à l’eau dans le bassin des remparts, un canal de la Moselle située dans la ville. Selon le collectif qui a organisé ce plongeons collectif, un accès à ce point d’eau est une urgence climatique par forte chaleur. Pourtant, là aussi, la police est intervenue et a distribué des amendes.


Cette réactivité des autorités pour harceler les baigneurs et baigneuses contraste avec l’inaction sidérante vis-à-vis d’affaires autrement plus graves. Par exemple, lorsqu’il faut protéger les enfants de pédocriminels.


Jérôme Barella, le violeur et l’assassin de la petite Lyhanna, était visé par pas moins de neuf procédures, dont la première remonte à 2017. Il a pourtant travaillé dans plusieurs établissements scolaires autour de chez lui et n’a jamais été arrêté. Il était même considéré comme suspect par des parents de son village, alors qu’il organisait des «soirées pyjama» chez lui.

En 2022, c’est une plainte pour «viol d’une mineure de moins de 15 ans» qui le visait : il avait agressé une fillette de 7 ans deux ans plus tôt. Classement sans suite. En août 2025, la mère d’une petite nommée Rosa, âgée de 11 ans, portait plainte contre Barella. Elle a expliqué à la presse qu’elle a été menacée par la gendarmerie chargée de l’affaire : «J’ai appelé tous les lundis matin. La dernière fois que j’ai appelé, ils m’ont dit que si je continue à les harceler ils vont porter plainte». Non seulement le viol commis sur la petite Rosa n’a pas fait l’objet d’une enquête, mais la famille de la victime a été sommée de se taire !

Le prédateur avait également été signalé à plusieurs reprises à la police française par le NCMEC – National Center for Missing and Exploited Children – un organisme basé aux USA, sans aucune conséquence.

Ce pays marche sur la tête. Comment appelle-t-on une police qui déploie plus d’énergie à traquer des personnes qui se baignent plutôt que les agresseurs d’enfants récidivistes ?

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