Le gouvernement ne chôme pas, même en plein été, pour tout saccager. Après le permis de tuer, le permis d’empoisonner en réintroduisant des pesticides interdits, les diverses lois liberticides, c’est la sécurité sociale et les malades qui sont frappés.

Ce 23 juillet, on apprend qu’un décret, donc une mesure imposée sans vote ni débat, devrait passer pendant les vacances pour augmenter les franchises médiales.
Dans leur principe même, les «franchises» sont des attaques frontales contre le système de santé : ce sont des sommes discrètement déduites par la Sécu de vos remboursements de médicaments prescrits ou de vos consultations chez un médecin. C’est une somme à débourser de sa poche sur chaque rendez-vous médical, traitement, examen radiologique, biologique, ou transport sanitaire… Le citoyen paie donc deux fois : avec ses impôts qui financent en principe les services publics, et avec la franchise. C’est un coup de canif dans l’esprit de la Sécurité sociale, qui garantissait un accès à la santé inconditionnel pour tous. En 1945, la Résistance a obtenu, après avoir versé son sang, que l’argent ne soit jamais une question quand il s’agit de soins. Macron et ses sbires ont profané cette conquête.
En juillet dernier, Bayrou annonçait un doublement de la franchise sur chaque médicaments et transport sanitaire. Finalement, ce sera un doublement du «plafond» des franchises médicales. Un patient pourra payer jusqu’à 200 euros par an pour ses soins, alors que la limite actuelle était fixée à 100 euros.
Pour un malade ayant le diabète, un cancer ou devant être dialysé par exemple, c’est la double peine : en plus de souffrir d’une maladie de longue durée, il faut sortir 100 euros en plus. Pour les personnes précaires, c’est loin d’être négligeable. Le président de France Assos Santé dénonce cette mesure injuste : les malades ont «déjà des restes à charge importants, dépassements d’honoraires notamment, peinent à trouver des médecins, et sont montrés du doigt au prétexte qu’ils coûtent cher. Ces mesures créent de la défiance». Il met en garde : «On va avoir des renoncements aux soins». Ce type de mesure néolibérale met en danger la santé publique.
La ministre de la Santé justifie son choix par la nécessité de «continuer à investir dans notre hôpital», pour «l’accès aux soins» et pour avoir encore les médicaments les plus efficaces». Un foutage de gueule complet : les macronistes n’ont jamais arrêté de raboter dans les dépenses de santé, de supprimer des lits, au point que l’hôpital public est en lambeaux et qu’on meurt dans les files d’attente. Et maintenant, cette ministre prétend faire payer les malades pour combler les trous !
Comble du cynisme, ce doublement des franchises représenterait «une économie estimée à environ 750 millions d’euros pour l’Assurance maladie». Autant dire pas grand chose pour les dépenses publiques. On rappelle qu’en 2026, l’État a débloqué 6,7 milliards d’euros en plus pour l’armée en un claquement de doigt. Qu’un seul avion de guerre Rafale coûte plus de 120 millions d’euros. Et que le projet de porte-avions nucléaire annoncé par Macron en début d’année coûtera à lui seul plus de 12 milliards. Autant dire que ces sommes astronomiques débloquées pour faire la guerre pourraient largement financer un système de santé de qualité pour toutes et tous. Et sans franchise.
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