
Le fichier des personnes décédées au mois de juillet 2026 en France vient d’être publié et fait apparaître une surmortalité de 4.185 personnes en comparaison du mois de juillet 2025. Pourtant, en 2025, une canicule avait déjà provoqué 5.700 décès en excès. Donc la surmortalité actuelle est déjà calculée à partir des données anormales de l’an dernier.
En ce qui concerne le mois de juin, Santé Publique France comptabilisait «un excès de 5.764 décès par rapport à ce qui était attendu pendant la canicule du 17 juin au 2 juillet 2026». Une estimation officielle calculée à partir des données de plus de 5.000 communes. Le bilan final sera plus lourd, car ce chiffre est considéré comme provisoire.
Quoiqu’il en soit, avec près de 6.000 décès de trop en juin et au moins 4.000 en juillet, les vagues de canicules ont tué au minimum 10.000 personnes. Nous traversons en août une nouvelle vague de chaleurs extrêmes et les organismes sont fatigués par deux mois de températures accablantes. À la fin de l’été, le bilan macabre sera sans doute bien plus élevé. Alors que des mesures liberticides sont votées après chaque fait divers, rien n’est fait contre l’emballement climatique, qui cause beaucoup plus de décès que la criminalité.
Pourtant, en juin 2004, le gouvernement Chirac imposait une journée de travail supplémentaire, non payée. Une mesure prise par le Premier ministre de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, suite à l’épisode de canicule de l’été 2003 qui avait emporté plus de 15.000 vies. L’initiative était pompeusement appelée «journée de solidarité» : à la fin du mois de mai, pour la Pentecôte, tous les salariés français travaillent sans rémunération, officiellement pour financer des mesures contre la chaleur et pour protéger les plus vulnérables aux canicules.
Cette loi était déjà scandaleuse à l’époque : plutôt que de taxer les riches ou les entreprises polluantes, on demandait au plus grand nombre de mettre la main à la poche pour pallier aux défaillances de l’État. Une solution très libérale, qui était d’ailleurs soutenue par le MEDEF.
22 années ont passé. 32 canicules et «vagues de chaleur» ont été recensées depuis l’an 2000. Et 26 depuis 2010. Il y a plus d’une canicule par an en moyenne, et elles ont tué des dizaines de milliers de personnes en France.
Pourtant, aucune mesure réellement salutaire n’a été prise. La «journée de solidarité» a permis à l’État français de récolter entre 47 et 57 milliards d’euros. Comment cette somme énorme a-t-elle été utilisée ? Mystère. Aucune communication n’est réalisée. Pas pour climatiser les hôpitaux, ni ouvrir des lits ou recruter du personnel en tout cas. Ni pour organiser un service public de l’accueil des personnes âgées. Les hôpitaux sont encore en plus mauvais état qu’il y a 20 ans, rien n’a été mis en place en cas de canicule, les EHPAD sont gérés par une véritable mafia privée qui martyrise à la fois ses salariés et ses résidents. La «journée de solidarité» n’a été qu’un pillage.
Les chaleurs sont de plus en plus intenses et rapprochées chaque été, elles font souffrir les écosystèmes, mettent en tension les hôpitaux, tuent massivement. Non seulement l’État n’a pas utilisé les milliards volés aux travailleurs, alors qu’ils étaient officiellement prévus pour cela, mais il a réprimé les mouvements écologistes et soutenu les multinationales polluantes. Ces morts sont leurs morts.
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