Technopolice et barbarie : des gants à impulsion électrique pour équiper la milice raciste de Trump


Le nouveau gadget dont vont être équipés les agents de l’ICE s’apparente à un instrument de torture et pave la voie à un futur déploiement en France


Le nouveau gadget dont vont être équipés les agents de l’ICE s’apparente à un instrument de torture et pave la voie à un futur déploiement en France

L’innovation vers le pire

Imaginez un policier qui vous touche, et par un simple contact avec ses gants, vous électrocute. C’est un cauchemar qui devient réalité aux USA. Après des années de lobbying intensif des syndicats policiers et de l’industrie militaro-policière, le ministère de la Sécurité intérieure de Trump vient d’annoncer que les agents de l’ICE seront bientôt équipés de «gants à impulsions électriques». Une commande à hauteur de 20 millions de dollars pour une arme s’apparentant à un engin de torture selon l’ONG Amnesty International, quelques mois à peine après les meurtres restés impunis d’Alex Pretti et de Renee Good par la milice anti-immigration.

Il s’agit d’une aubaine pour les entreprises qui font fortune sur le business de la répression. Ici, le juteux contrat a été remporté par «Compliant Technologies», une entreprise basée au Kentucky qui n’hésite pas à faire la promo de ses gadgets sur les réseaux sociaux. Dans plusieurs vidéos disponibles sur son compte Instagram, on voit des personnes s’effondrant au sol, paralysées par les décharges de ces armes prétendument «non-létales» mais qui peuvent monter jusqu’à 380 volts. Experte en novlangue sécuritaire, l’entreprise estime sur son site internet que ces gants s’insèrent dans le «continuum de la force» au sein du «nouveau protocole de la paix». Évidemment, aucun mot sur les risques éventuels que font encourir de telles armes sur des personnes vulnérables. Comment prédire l’impact d’une décharge électrique sur une femmes enceinte ou une personne souffrant de problèmes cardio-vasculaires ?

L’annonce de ce nouveau cadeau aux agents de la milice privée de Donald Trump n’a rien d’un hasard, et résulte de plusieurs années de campagnes menées par les acteurs du secteur. En effet, ces armes sont fièrement exhibées dans les salons d’armement aux quatre coins du monde. En 2023, lors du Salon MILIPOL organisé à Paris, exposant des outils de répression, Amnesty International dénonçait déjà la présence de ces gants aux côtés d’autres outils barbares parmi lesquels des «matraques électriques de contact direct, munitions contenant plusieurs projectiles cinétiques, des lanceurs multi-canons…» Des «innovations» destinées à accentuer la violence d’État et qui s’apparentent à «des armes de maintien de l’ordre illégales ainsi que des équipements considérés comme interdits par la rapporteuse de l’ONU sur la torture».

Une milice raciste en roue-libre

Évidemment, le cadre législatif encadrant l’usage de ces gants électriques n’a pas encore été défini. Une manœuvre typique des lobbys policiers et de l’industrie militaro-policière : mettre la société civile devant le fait accompli en commandant les équipements avant toute forme d’autorisation préalable, pour contrecarrer la formation de toute forme de résistance. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, donc rien n’empêche un agent d’envoyer un nombre illimité de décharges dans le corps d’une personne, par simple contact.

La commande de ces gants intervient également alors que l’ICE traverse une période de radicalisation. Si l’institution raciste a cessé sa communication tapageuse sur les réseaux sociaux, des associations de défense des droits civiques indiquent que la formation des futurs agents a été massivement diminuée. Les quelques cours sur la Constitution américaine, le système juridique et les limites de l’autorité des agents ont sauté. Ces enseignements étaient déjà cosmétiques, car des policiers «formés» restent aussi dangereux et violents, mais ces suppressions sont révélatrices. Trump recrute des soudards racistes, avides de violence et décomplexés. Le nombre de nouveaux recrutements a augmenté de 120% depuis sa réélection.

Bientôt des gants «Made in France» ?

C’est la question qui se pose à présent, car des entreprises françaises espèrent elles aussi conquérir de nouveaux marchés et équiper la police française. En 2025, au salon d’armement MILIPOL, l’entreprise Netforce faisait la promotion du même type de gants à impulsions électriques, et annonçait qu’ils étaient déjà en phase de test dans la gendarmerie et le GIGN.

Plus inquiétant, Amnesty International estime par ailleurs que «la réglementation anti-torture de l’Union Européenne n’est pas suffisante», car elle «n’interdit pas une série d’armes de maintien de l’ordre pourtant intrinsèquement abusives», comme les Taser ou les LBD. «Contrairement aux armes conventionnelles, il n’existe pas de règles mondiales juridiquement contraignantes régissant la production et le commerce de matériel de maintien de l’ordre» estime un expert de l’ONG. Autrement dit, les vendeurs d’armes n’attendent que le feu vert du ministère de l’Intérieur pour déployer ces gants à grande échelle.

Une énième preuve, s’il en fallait, des mensonges rabâchés à longueur de plateaux télé selon laquelle la police «manquerait de moyens». Au contraire, elle en accumule à outrance : agents surarmés, gadgets toujours plus sophistiqués, armes mutilantes… Main dans la main, l’État et le complexe militaro-policier préparent les tragédies à venir.

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