Lundi 14 septembre l’US Space Force annonçait avoir déployé des armes en orbite

La militarisation de l’espace n’est pas un sujet récent, elle apparaît dès la guerre froide en même temps que la conquête spatiale. À la fin des années 1950, les autorités états-uniennes et russes cherchaient déjà à armer leur satellite pour terrasser ceux de l’ennemi.
Lors de son premier mandat, Donald Trump ratifiait une loi sur le financement militaire et entérinait la création d’une «force de l’Espace» – US Space Force – destinée aux opérations armées dans le cosmos.
Lundi 14 septembre 2026, un communiqué de l’armée des USA affirmait disposer de «systèmes de contrôle spatial armés en orbite capables de défendre la force interarmées contre des actions hostiles d’adversaires». Il faut entendre par là le déploiement de matériels militaires dans l’environnement spatial. Ces capacités opérationnelles «peuvent être employées à des fins offensives comme défensives» prévient le communiqué.
Concrètement, les États déploient dans l’espace des satellites d’attaque capables de percuter, capturer, ou aveugler les satellites ennemis, avec des armes à énergie dirigée – lasers – qui saturent ou détruisent les capteurs optiques et les systèmes d’imagerie. Il y a aussi d’autres matériels au sol, qui peuvent intervenir sur les engins dans l’espace. Enfin des missiles antisatellites tirés depuis la surface terrestre ou d’avions ont la faculté de détruire des cibles en orbite basse. Ces opérations sont particulièrement dangereuses puisqu’elles génèrent des milliers de débris après l’impact, qui peuvent retomber sur terre.
Le lendemain de l’annonce états-unienne, la Chine réagissait par l’intermédiaire de son porte-parole du ministère des affaires étrangères et pressait «la partie américaine de cesser le déploiement de ses capacités militaires et de se préparer à une guerre dans l’espace». Pourtant l’empire du milieu ne cache pas non plus ses ambitions célestes.
La deuxième puissance économique mondiale développe son propre arsenal dans l’espace, puisqu’elle dispose d’un programme spatial militaire dans le cadre de la modernisation de ses forces armées et de la guerre informationnelle qu’elle mène à ses concurrents. La Chine possède une myriade de satellites de surveillance, brouillage, reconnaissance, d’écoute électronique, et d’alerte précoce – qui servent à détecter les tirs de missiles balistiques.
En avril 2026, la Russie déployait les satellites militaires «poupées gigognes», des engins dits «antisatellites» capables d’intervenir rapidement pour neutraliser ceux d’autres pays. Ils sont désormais placés «dans l’environnement orbital de cibles réelles.»
Au-delà de la réorientation stratégique des armées dans la conquête spatiale, le secteur civil n’est pas en reste et propose aussi ses services aux militaires. Nous vous en parlions il y a quelques semaines, la société Reflect Orbital, dans la Silicon Valley espère lancer son premier satellite miroir d’ici à fin 2026, et vient d’obtenir une validation des autorités aux USA. L’instrument se compose d’un panneau réfléchissant de 18 mètres carrés et serait placé à environ 600 kilomètres d’altitude. Le dispositif agirait comme le faisceau d’un miroir, déviant la lumière du soleil vers la Terre, projetant sur cette dernière un immense halo lumineux de plusieurs kilomètres. L’objectif est donc de pouvoir éclairer la nuit depuis l’espace…
Et l’histoire montre aussi que ce genre «d’innovation» finit inévitablement par servir des usages militaires. Reflect Orbital évoque déjà la possibilité d’éclairer des «théâtres d’opérations» dans des zones de guerre reculées, pour appuyer des interventions armées. Pourquoi ne pas imaginer de gigantesques miroirs spatiaux, transformés en armes, à même de carboniser sur commande des cibles partout sur le globe ?
Cette course folle à la militarisation de l’espace est justifiée par les États par «la nécessité de contrer ses principaux adversaires». Dans ce contexte géopolitique, l’espace est redevenu un enjeu pour les grandes puissances militaires et un marché juteux pour l’industrie de l’armement.
En 1967, les superpuissances, signaient un Traité de l’espace. Ce texte interdisait le déploiement d’armes de destruction massive en orbite, notamment l’arme nucléaire. Pour le moment, les opérations de combats se limitent à cibler «les satellites de leurs rivaux, essentiels aux communications militaires, à la surveillance et à la navigation.» Mais il n’est pas dit que demain, dans cette escalade militariste, les Empires se dotent aussi d’un arsenal davantage destructeur au-dessus de l’atmosphère terrestre.
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