Ces derniers jours, nous avons vu des étranglements de lycéennes, des ados écrasés au sol par des policiers, d’autres frappés en garde à vue ou visés en tirs tendus. Mais à Troyes, la police a innové dans la sauvagerie contre le mouvement lycéen : une attaque à la voiture bélier. Ni plus ni moins.
Lors du blocage du lycée Marie-de-Champagne le 1er octobre, on voit une foule de jeunes calmes dans une rue, puis des cris et un mouvement de panique. Une voiture banalisée fonce à toute vitesse au milieu des lycéen·nes, vidant des gazeuses par chaque fenêtre du véhicule.
Les lycéen·nes s’écartent de justesse, mais si l’une ou l’un d’entre eux étaient tombé ? Si quelqu’un n’avait pas eu le temps de voir ? Serait-il passé sous les roues de la voiture de flics ?
Il faut à nouveau se rendre compte de la gravité de cet acte : des fonctionnaires adultes, formés, armés, payés par l’État, ont décidé collectivement de dégainer leurs gazeuses et de foncer dans un groupe de mineurs ne représentant aucun danger, dans le seul but de les terroriser.
Nous nous répétons, mais de telles scènes filmées dans d’autres pays considérés comme des dictatures feraient le tour du monde.
La fin de la vidéo montre la voiture se replier une rue plus loin, derrière un cordon policier, signe qu’il s’agit d’une attaque préméditée et concertée.
On le rappelle, un véhicule lancé délibérément dans une foule peut-être considérée comme du terrorisme. Et un tel acte de violence routière expose à se faire tirer dessus, depuis la loi sur le «refus d’obtempérer». Sauf qu’ici, les chauffards ont une carte de police.
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