Bienvenue en France : une touriste anglaise mutilée par une grenade policière


Attention, images choquantes


L'image floutée de la jambe d'une touriste anglaise, partiellement arrachée par une grenade policière ce 17 octobre à Toulouse.

Elle venait visiter notre pays, elle a découvert la sauvagerie de sa police. Une retraitée anglaise a eu une partie de la jambe arrachée par une grenade à Toulouse.

Combien de mutilations définitives causées par la police samedi 17 octobre ? Impossible à dire, probablement des dizaines, et des milliers de corps marqués dans leur chair. Partout, des échos, témoignages et articles de la presse locale rapportent un degré de violence et un usage des armes de répression inédit.

À Toulouse, c’est une touriste âgée qui s’ajoute à cette liste. Et c’est un employé de la restauration qui témoigne auprès du média Actu Toulouse. Il travaillait dans un établissement près du Capitole, et a porté secours à cette femme. Cet homme, Zéphirin, raconte que les forces de l’ordre «bouclaient les entrées des axes», bloquant la foule tout en lui tirant dessus. Une doctrine du chaos visant à terroriser et faire mal sans échappatoire. Vers 16 heures, Zéphirin se trouve dans son restaurant, l’un des seuls encore ouverts dans le secteur.

Il raconte : «Il y avait des passants bloqués dans les rues à cause de la tenaille des policiers, alors on a recueilli des personnes qui voulaient être mises à l’abri. Ça gazait tout le monde et au moment où on réfléchissait à fermer, il y a eu des impacts de grenades. Et durant les détonations, j’ai aperçu ces retraités juste devant le restau… et ça se voyait que ça n’allait pas».

Il les met à l’abri, et constate que la vieille dame est très gravement touchée par un tir de grenade explosive. Une photo, extrêmement choquante, montre deux trous béants dans sa jambe : un morceau de mollet littéralement arraché, comme si elle avait reçu un tir de fusil d’assaut dans la jambe, et un cratère sanglant au niveau du genou. Dans les deux plaies ouvertes, des éclats blancs profondément enfoncés dans la chair : des morceaux de grenades. «Elle saignait beaucoup, c’était très graphique, traumatisant pour les clients…» explique Zéphirin. Il s’agit en effet de blessures dignes d’un champ de bataille, qui peuvent causer la mort. Et elles sont infligées à la population civile par un régime devenu fou de violence.

Heureusement pour cette dame, des street médics ont appliqué les premiers soins et ont empêché qu’elle ne se vide de son sang, en attendant que les pompiers prennent le relais. Non seulement les policiers envoient des munitions explosives dans la foule, mais ils ne portent pas secours aux personnes qu’ils blessent, ce qui, même dans un conflit armé entre militaires, est contraire au droit de la guerre.

Dans quel état est cette retraitée ? Quelles seront ses séquelles ? Nous ne le savons pas, «je n’ai pas eu de nouvelle depuis» explique l’employé du restaurant.

Des milliers de grenades explosives contenant du C4 ont été tirées le 17 octobre, c’est un niveau de violence unique en occident. En Angleterre, la police n’a ni arme à feu, ni LBD, ni grenades, et l’usage du gaz lacrymogène est rarissime. Cette touriste a débarqué dans un pays qui doit lui paraître totalitaire.

Les étrangers venant visiter la France sont souvent choqués, et parfois blessés par la police tricolore. Le 25 août dernier, un touriste new yorkais était violemment plaqué sur le trottoir et écrasé sous le poids d’agents en plein Paris, suite à un contrôle au faciès. Il est noir. Ses proches qui sont allés demander des explications ont été à leur tour gazés et frappés devant des passants médusés. Et le jeune homme était embarqué sans que sa famille ne sache où il était emmené, ni même pourquoi. Le jeune touriste avait dit au Parisien avoir été brutalisé pendant son transport vers le commissariat, et n’avoir pas pu passer d’appel téléphonique pendant la durée de sa détention, en violation de ses droits. Il expliquait être «très choqué par ce qui lui est arrivé», et sa famille estimait qu’elle n’a «jamais vécu ça aux États-Unis».

Le 21 septembre 2019, lors d’une manifestation des Gilets jaunes, un couple de touristes anglais qui se promenait sur les Champs-Élysée avait voulu rejoindre sa voiture pour s’éloigner des tensions. Mais un cordon de CRS les avait bloqués, et le mari avait raconté à la télévision, le visage brûlé et les yeux trempés : un policier «nous a directement gazé le visage» après les avoir «poussés».

Le 28 mai 2022, des supporters de Liverpool avaient été nassés, gazés et tabassés près du stade de France par la police française, lors de la finale de la Ligue des Champions. Cela avait provoqué un scandale diplomatique.

En 2024, lors des Jeux Olympiques de Paris, Le Parisien interrogeait au hasard des touristes venus assister à la compétition pour avoir leur avis sur l’organisation. Deux anglaises avaient déclaré avec ironie : «Je n’ai pas encore été battue ou gazée par des policiers, donc pour l’instant c’est super, 9/10…» Pour elles, la police française est plutôt source d’anxiété et de danger que de sécurité. Ces derniers jours, de nombreuses ambassades déconseillent à leurs ressortissants de faire du tourisme en France. Par peur de la police ?

L’équipe de Contre Attaque tente de dresser, à partir d’articles et de témoignages directs, un bilan de cette journée, mais la tâche est immense. La majorité des victimes restent cachées, ont peur des représailles et n’iront pas parler dans les médias ni porter plainte. Comme dans une dictature. Si vous avez des informations, des images ou que vous avez été victime, écrivez-nous.

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