Victoire du PSG : un enfant éborgné par un tir policier, des centaines de blessés

Un mineur blessé à l'œil par un tir de LBD pour avoir fêté la victoire du PSG

«Imagine : tu as 13 ans. Tu célèbres la victoire du club de ton cœur, le PSG. Et tu perds un œil parce qu’un policier a choisi de tirer au LBD depuis son véhicule pour disperser des jeunes dont le seul tort était de fêter un titre». C’est le message publié sur le réseau X par l’élu Insoumis Aly Diouara le 1er juin. Il est accompagné d’une terrible vidéo, où l’on voit un adolescent au visage juvénile couvert de sang, transporté dans une voiture, probablement vers un hôpital.

Ce tir qui a brisé la vie d’un jeune mineur a eu lieu le soir de la victoire du PSG, dans la ville de Bobigny en Seine-Saint-Denis. Suite à ce message, le parquet de la ville a décidé d’ouvrir une enquête, et se saisir l’IGPN. On connait la capacité de la police des polices et de la justice à enterrer les affaires de violences policières.

L’élu Insoumis explique : «Je ne sais pas si on se rend compte de la folie de cet acte. On a un policier qui est dans sa voiture, qui baisse sa vitre et qui tire en direction de ce garçon jusqu’à lui faire perdre l’usage de son œil». Il précise : «J’ai parlé avec la maman, qui me dit être absolument abasourdie, choquée», elle se trouve au chevet de son enfant dont la vie bascule à cause d’un policier.

Aly Diouara a dénoncé l’affaire à l’Assemblée Nationale le 2 juin : «À chaque fois que les jeunes des quartiers populaires investissent l’espace public, la même mécanique se répète. On quadrille, on disperse et on charge». Car c’est bien là le sujet : le soir de la victoire du PSG, plus de 8.000 policiers ont été déployés dans la capitale et sa banlieue pour briser la joie collective et générer de la tension, en pourchassant la jeunesse avec des moyens militarisés.

Le gouvernement a donné carte blanche à des agents surarmés pour empêcher toute liesse dans l’espace public. Les médias qui tournent en boucle depuis 5 jours sur quelques poubelles brulées sont complices : les policiers ont encore une fois brisé des vies ce soir là. Aucun supporter n’a mutilé qui que ce soit.

Des vidéos prises samedi dernier montent de violentes charges avoir lieu dès le début du match aux abords du stade. D’autre montrent des policiers gazer des motards au hasard au niveau du périphérique parisien, créant des conditions propices à de graves accidents. D’innombrables images de coups gratuits sont en ligne, par exemple celles du reporter Enzo Rabouy, qui a filmé en direct, lors d’une charge, un policier lui mettre un violent coup sur la tête alors qu’il était identifié comme journaliste. Les métros qui circulaient au niveau de Chatêlet ont été massivement envahis par de puissants gaz lacrymogènes, tellement l’usage de grenades était massif en surface, provoquant des mouvements de panique et des malaises. Sur près de 900 interpellations réalisées le soir du match, 82 étaient mineurs. Un enfant de 14 ans dit avoir été tabassé et placé en garde à vue.

Après être sorti de cellule, un jeune homme nommé Hugues témoignait sur BFM, avec un coquard prouvant les violences qu’il avait subies : «Quand je me suis fait arrêter, j’ai tout de suite été traité de sale bougnoule, sale arabe, ma mère la sale traînée…» Il poursuivait : «Tous les jeunes qui sont passés en garde à vue et au tribunal que j’ai rencontré, tous avaient des marques de tabassage des officiers de police».

Une fois de plus, le régime a lâché dans les rues une milice d’extrême droite qui a frappé et arrêté au hasard. Des centaines de personnes ont été traumatisées, blessées, et pour au moins l’une d’entre elles, mutilée. C’est une répression unique en Europe pour une fête sportive. On se souvient en 2022 du scandale des supporters de Liverpool nassés, gazés et tabassés près du stade de France par la police française, provoquant un incident diplomatique international. Dans un pays qui ne serait pas en pleine fascisation, c’est ce sujet là qui devrait faire la Une, et pas quelques dégâts matériels.

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