Souvenir : quand Louis Sarkozy, 15 ans, tirait au pistolet à billes sur une policière


#Hamza


Louis Sarkozy, adolescent, ne prenait pas encore de testostérone mais il cultivait déjà son sentiment d'impunité.

Nous sommes au mois de mai 2012, à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Une policière qui se trouvait dans une rue devant le palais de l’Élysée reçoit un projectile : une bille en plastique jaune. La munition d’un pistolet factice. Puis une tomate. Et enfin un autre tir de bille dans la joue.

Qui a ainsi pris pour cible une policière, dans l’une des rues les plus surveillées du pays, au cœur des beaux quartiers parisiens, devant le cœur du pouvoir ? Louis Sarkozy, le fils du président, âgé de 15 ans. Avec un ami, dans la cour du palais présidentiel, il s’est amusée à viser la fonctionnaire en uniforme. Cette dernière a retrouvé le chenapan auteur du forfait lorsqu’elle a interrogé les gendarmes en faction devant l’Élysée.

Nicolas Sarkozy avait été élu sur un programme hyper répressif. Il a lourdement armé la police, systématisé les violences policières dans les quartiers populaires, et a durci les peines pour quiconque s’en prend aux forces de l’ordre, même de manière minimale. Mais pas pour son fils.

Après cet incident, le président de l’époque avait tout fait pour que cette histoire embarrassante reste secrète. «Il y a eu une négociation pour qu’elle ne dépose pas plainte» écrivait Médiapart en juin 2012. En échange de son silence, et d’une absence de plainte, la policière avait demandé une mutation à Biarritz, sa ville d’origine, un lieu très demandé par les fonctionnaires et qui s’obtient après des années en temps normal. Elle avait obtenue sa mutation illico.

Nous sommes 14 ans plus tard. Aujourd’hui, c’est le jeune Hamza, 14 ans, qui est la cible d’une véritable tornade médiatique et policière pour avoir tiré au pistolet à eau. Louis et Hamza ont le même âge, ou presque au moment de leurs bêtises. De l’eau sur des passants pour l’un, des billes de plastique sur la police pour l’autre. Mais ils n’ont pas la même couleur de peau, ni le même prénom, ni la même classe sociale.

Si un adolescent noir ou arabe avait tiré sur un policier avec une réplique d’arme factice, il y a de fortes chances qu’il aurait été éborgné par un tir de LBD, voire abattu. Et probablement lourdement condamné pour cette «agression». Les médias auraient justifié sans sourciller une répression implacable pour châtier cette «atteinte à l’intégrité physique d’un policier».

Louis n’a rien subi de tout cela. Il a été pistonné : école privée militaire, poste de chroniqueur sur LCI, la chaîne du milliardaire Martin Bouygues, vie de luxe, carrière politique offerte sur un plateau.

Ces derniers jours, les éditorialistes se sont acharnés sur la famille d’Hamza et la droite a appelé, une fois de plus, à punir les parents d’enfants turbulents. Mais les mêmes n’ont jamais rien dit sur les parents de Louis.

En janvier 2023, le fils du Ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti était mis en examen pour des violences conjugales. En mai de la même année, Grégoire Morano, fils de l’Eurodéputée d’extrême droite Nadine Morano était interpellé et placé en garde à vue lors d’un délit de fuite après avoir causé un accident de la route, le tout sous l’emprise de cocaïne. Quelques jours plus tôt, c’était Hugo Zemmour, fils du fasciste multimillionnaire Eric Zemmour, qui provoquait un «accident spectaculaire» dans les beaux quartiers parisiens. Complètement ivre, rentrant probablement de soirée à 7 heures du matin, le jeune homme de 26 ans avait percuté un scooter en blessant gravement les deux passagers.

Dans aucun de ces cas les parents n’ont été tenus pour responsables des actes de leurs enfants. Les bourgeois et les politiciens ne sont jamais rendus responsables des crimes et délits de leur progéniture, cela ne vise que les familles pauvres, non blanches, déjà stigmatisées.

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