Pendant ce temps, le président israélien prétend être le descendant du roi David, il y a 3000 ans

Dimanche 19 juillet, des milliers d’israéliens d’extrême droite, dont 28 ministres et membres de la Knesset, ont marché vers les grilles militarisées qui encerclent Gaza pour exiger la colonisation du territoire. Cette manifestation vise à accentuer la pression sur Netanyahou pour qu’il autorise immédiatement l’implantation de colonies sionistes sur les ruines et les ossements de palestiniens.
Le ministre Ben Gvir pavoise et assume : «Si on nous avait dit, il y a trois ans, que nous contrôlerions 70% de Gaza, personne ne l’aurait cru. Aujourd’hui, je dis que ce sera la colonisation juive dans tout Gaza. On expulsera ceux qui doivent être renvoyés. C’est notre Gaza». L’agenda des suprémacistes sionistes est parfaitement clair et revendiqué.
Souvenez-vous que les médias et la majorité de la classe politique française nous ont répété, à partir d’octobre 2023, que «si le Hamas rendait les otages israéliens, la guerre s’arrête» ou encore qu’Israël ne faisait «que se défendre». Nous sommes près de trois ans plus tard, et s’il y avait une justice, ces gens devraient tous être poursuivis pour complicité de crimes contre l’humanité. À l’époque, celles et ceux qui dénonçaient les visées expansionnistes et exterminatrices d’Israël étaient traités de complotistes. Pourtant, dès octobre 2023, le Ministère de l’Information israélien proposait déjà un plan pour «déplacer» les habitants de Gaza. En décembre 2023, un promoteur immobilier israélien diffusait une publicité volontairement provocatrice pour vendre de nouveaux lotissements qui seraient construits sur les ruines. Tout est sous nos yeux depuis le début.
Israël est née d’un nettoyage ethnique il y a 70 ans, et une partie des palestiniens chassés de leur terre ont été entassés dans une enclave minuscule : Gaza. Ce territoire, où se massent 2 millions de personnes, a été affamé délibérément depuis 20 ans, avec un blocus et un mur de séparation militarisé. Une prison à ciel ouvert, sur laquelle l’armée israélienne a régulièrement déversé des déluges de bombes. Puis en octobre 2023, quand la frontière à cédé sous les coups d’hommes n’ayant connu que l’humiliation et la guerre, l’attaque a été présentée comme le pire des actes terroristes, décontextualisée, comme une violence sortie de nulle part justifiant un génocide. Dernière étape, maintenant qu’Israël a tout dévasté, ses factions les plus radicales veulent annexer le territoire sans attendre.
Tout cela repose sur une rhétorique de guerre sainte et des textes religieux : «Nous organisons une grande marche de retour vers la bande de Gaza, là où les juifs ont vécu pendant des centaines, voire des milliers d’années» explique Ben Gvir. Ces dernières années, d’autres marches vers la frontière de Gaza ont été organisées. Et les mêmes groupes de colons ont aussi mené des actions pour bloquer les rares convois humanitaires et la nourriture autorisée à rentrer à Gaza.
Ce discours mystique est partagé au sommet du pouvoir, y compris par des sionistes qui se prétendent «laïcs» et modérés. Le président israélien Isaac Herzog, issu du «centre-gauche», vient de donner une interview à la chaîne chrétienne évangéliste TNB. Il raconte tranquillement : «Mon lignage familial est étonnant, j’ai le privilège de savoir que mon lignage vient du roi David, nous sommes des descendants du roi David, nous le savons parce que des rabbins l’ont écrit».
C’est lunaire. Un responsable politique revendique sérieusement descendre d’un roi de l’Ancien Testament, dont l’existence n’est même pas prouvée, et qui aurait régné sur Jérusalem, qui n’était sans doute qu’une bourgade, au Xème siècle avant Jésus Christ. Herzog est issu d’une famille originaire d’Europe de l’Est.
L’utilisation d’origines mythiques et prestigieuses pour dominer n’est pas nouvelle. Les premier rois francs prétendaient descendre des Troyens de la mythologie grecque, alors qu’ils venaient de tribus germaniques. Saut que c’était il y a 1400 ans. Plus récemment, les nazis prétendaient que les aryens descendaient d’un peuple «supérieur» hyperboréen qui aurait vécu sur une île mystérieuse et disparue nommée Thulé, près du pôle nord.
Plus personne ne prend cela au sérieux. Mais en Palestine, la falsification religieuse et historique du pouvoir colonial repose sur les mêmes logiques.
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.



