Le PS rétablit le suffrage censitaire, Bayrou confirme l’unité du bloc libéral-réactionnaire


La bourgeoisie panique et cherche des solutions désespérées pour l’après Macron


Bayrou et Glucksmann sont prêts à tout pour que la gauche perde en 2027

Le grand cirque continue au sein du PS d’Olivier Faure et du micro-parti Place Publique de Raphaël Glucksmann. Ultra-minoritaire, ridiculisée, n’intéressant plus personne, cette gauche de droite pourrait être sauvée par une proposition de François Bayrou, qui espère une nouvelle saveur de primaire, qui irait cette fois du Parti Socialiste jusqu’aux Républicains.

La récente proposition de l’ancien Premier ministre de Macron n’a rien d’étonnant : elle met au jour la connivence de ce bloc libéral-réactionnaire, dont les différents candidats et leurs programmes ne sont que des nuances d’un libéralisme autoritaire qui ont toujours très bien su collaborer. François Bayrou ne s’y trompe pas : il considère qu’en cas de défaite à cette primaire du soi-disant « bloc central », le PS serait plus à même de se ranger derrière Bruno Retailleau ou Édouard Philippe plutôt que Jean-Luc Mélenchon. Peut-on réellement lui donner tort alors que, à trois reprises, Bayrou a échappé à la censure grâce au Parti Socialiste ? Un parti qui n’a tellement plus rien de socialiste qu’il prévoit de faire payer 15 euros pour participer à sa minuscule primaire, excluant de fait les classes populaires.

Le PS, un allié décisif du bloc libéral-réactionnaire

Depuis la dissolution de juin 2024 les différents gouvernements Macron présentent une similitude : tous ont pu tenir un peu plus longtemps grâce à un seul parti, le PS, qui aura plusieurs fois trahi ses électeurs en refusant de voter les motions de censure déposées par ses anciens colistiers de la NUPES, alors que leurs voix réunies auraient pu les faire tomber. Bruno Retailleau a ainsi pu se maintenir à son poste de ministre de l’Intérieur, le budget néolibéral et militariste de Sébastien Lecornu être voté. Aux côtés d’Attal et Philippe, les députés PS ont criminalisé l’antifascisme lors de l’affaire Deranque et le soutien à la Palestine par la voix de Carole Delga, qui réclamait en 2023 l’interdiction en bloc des manifestations contre le génocide à Gaza. Sans le PS, il n’y aurait eu ni permis de tuer, ni réintroduction de pesticides interdits, ni franchise médicale, ni rien du catalogues d’horreurs que nous subissons depuis deux ans.

Tous les représentants des partis de droite, d’En Marche jusqu’aux Républicains en passant par Horizons, ont donc plus d’une fois trouvé un allié décisif dans les élus du Parti Socialiste. Rien d’étonnant donc à ce qu’une des émanations les plus notoires du macronisme considère que ses candidats aient leur place à leurs côtés : Bayrou a bien compris qu’avec eux rien ne changera dans la conduite du pouvoir, qu’ils sont partie prenante de cette trajectoire répressive et anti-sociale que lui et ses amis défendent ouvertement.

Une primaire PS – Place Publique ouverte seulement… aux riches

Quand bien même le Parti Socialiste et Place Publique ne donneraient pas suite aux appels du pied de François Bayrou, la participation à leur minuscule primaire sera conditionnée à une participation de 15 euros. Ce choix n’est pas anodin et le message est clair : précaires, passez votre chemin. Et en même temps, qui dans la jeunesse et le monde du travail se soucie encore du PS ? Et qui irait dépenser de l’argent pour décider de l’avenir d’un parti en décomposition ? Le PS a recueilli moins de 2% des voix aux dernières présidentielles, et il est unanimement détesté depuis l’impardonnable quinquennat Hollande.

Dans la continuité des documents internes de Place Publique révélant que les classes populaires n’étaient pas les “parts de marché” à conquérir par leur candidat Raphaël Glucksmann, ces derniers et leurs alliés du PS vont au bout de leur conception de la démocratie : un programme pour les riches, pour lequel désormais seuls les riches auront le droit de voter. Comme au 19ème siècle, quand la bourgeoisie se réservait le droit de voter, à travers le suffrage censitaire, estimant que les pauvres n’avaient pas les compétences pour exercer leurs droits.

Cette somme de 15 euros n’est pas une question comptable, car le PS est assis sur une montagne de fric : 33,4 millions d’euros d’après la commission des comptes de campagne. On a du mal à croire que l’organisation d’une primaire mettrait le parti au bord du gouffre. À titre de comparaison, la primaire ouverte des Républicains de 2016 coûtait deux euros par tour d’élection. Il s’agit donc d’abord d’obtenir un candidat désigné par un corps électoral restreint, composé de boomers centristes, pour désigner un homme qui n’aura pas vocation à gagner mais à récolter les quelques pourcents qui empêcheront la gauche d’accéder au second tour.

Ainsi, c’est toute honte bue et après s’être autoproclamés chantres du «rassemblement», de l’unité et de la démocratie la plus pure, que la «gauche respectable» des plateaux télé et son candidat Raphaël Glucksmann continuent de dévoiler leurs véritables couleurs : celles d’une candidature faite par et pour la bourgeoisie, dont tout l’appareil politico-médiatique s’emploiera à favoriser le succès, et ce peu importe les moyens.

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