
Le cynisme des sionistes est sûrement à ce jour inégalé. Le 26 juillet 2026, on apprenait par l’intermédiaire du ministre des affaires étrangères israélien Gideon Saar, sur son compte X, que son gouvernement était prêt à réaliser une proposition à l’État français : faire profiter la France de l’expertise israélienne en matière d’incendie pour aider les soldats du feu à lutter contre les flammes qui ravagent le pays.
Cette « offre » aurait été faite dans le cadre d’une rencontre entre le ministre israélien et les dirigeants du CRIF. « Je les ai informés qu’Israël avait proposé son aide à la France alors que le pays lutte contre les graves incendies de forêt. Il s’agit d’une question humanitaire importante ». S’il est vrai que le sionisme génocidaire est expert en incendie, ce n’est absolument pas pour éteindre les brasiers, mais plutôt pour les allumer.
Depuis plusieurs décennies d’occupation, l’armée israélienne et les colons utilisent les incendies volontaires, dans les champs, dans les maisons et même sur les corps. Cette politique de la terre brûlée est systématique et généralisée. Elle vise à saccager les territoires et pousser à l’exil celles et ceux qui y habitent, quand ils ne sont pas simplement tués par l’occupant…
Pour le colon, il faut effacer le colonisé. Lui, sa culture, son histoire. Dès le départ, ces incendies criminels font partie intégrante de la stratégie d’annexion de la Palestine. Le feu comme outil du nettoyage ethnique, la pyromanie génocidaire comme arme de guerre. Ces méthodes ont traumatisé plusieurs générations de Palestiniens.
Les destructions et les incendies des terrains agricoles, et notamment les cultures d’oliveraies, sont documentés depuis 1948, lors de la « Nakba » – catastrophe en arabe – quand des centaines de milliers palestiniens ont été forcés à fuir leurs terres. La pratique sera institutionnalisée à partir de 1967 pendant la guerre des 6 jours. Dans la tête des colons, détruire des oliviers pluricentenaires permettrait de déraciner ceux et celles qui les cultivent, de rompre leur attachement à la terre. Mais les suprémacistes israéliens ne se contentent évidemment pas de s’en prendre qu’à la terre. Pendant la « Nakba » 400 villages ont été détruits par des milices sionistes, puis par l’armée israélienne pour implanter des colonies. Par exemple, les vieilles maisons en pierre de Al-Bassa dans le nord de la Palestine ont été incendiées et les territoires volés.
Plus récemment, en 2014, à Jérusalem, un enfant palestinien, Mohammed Abu Khdeir, 16 ans est kidnappé et sauvagement assassiné par trois colons. Emmené de force dans une forêt et roué de coups, l’adolescent est brûlé vif par les ravisseurs. En juillet 2015, à Duma près de Naplouse, la maison de famille Dawabsheh est attaquée à coups de cocktails Molotov par des colons. Un nourrisson, le père et la mère meurent des suites de leurs brûlures. Ahmed, 4 ans sera le seul rescapé du drame. On se souvient que tous les médias français ont relayé le mensonge israélien sur des «bébés mis dans des fours» le 7 octobre 2023, un mensonge absolu alors que des méthodes comparables ont été utilisées contre les palestiniens. En février 2023, des maisons, des commerces et des voitures étaient incendiés par des milices de colons à Huwara en Cisjordanie.
Ces dernières semaines, Les pogroms et les incendies se sont intensifiés. Toute la journée du 24 juillet, des files de véhicules conduits par des israéliens ont déferlé sur plusieurs villages de Cisjordanie, mettant le feu à des maisons et des biens palestiniens dans le village de Sarra, près de Naplouse. Même chose dans la commune d’Urif, où la maison d’une famille a été incendiée avec ses occupants. Le 29 juillet 2026, des colons israéliens brûlaient un autre maison palestinienne dans la zone d’Abu Njeim, à l’est de Bethléem. Le 31 juillet 2026, à Burin au sud de Naplouse, des terres agricoles ont été brûlées, détruisant de nombreux oliviers. Les assaillants ont bloqué l’accès aux pompiers palestiniens venus pour maîtriser le feu. Le 10 août 2026 des colons ont incendié des cultures dans la zone d’Al-Batin, au nord de Ramallah, détruisant des parcelles appartenant à plusieurs communes. Des mosquées ont aussi été brûlées et recouvertes de tags haineux.
Dans le sud Liban, les militaires israéliens jouent aussi aux incendiaires. L’armée coloniale a envoyé pas moins de 175 munitions au phosphore blanc sur le Liban entre le 7 octobre 2023 et le 20 juin 2024, pour réduire en cendre les forêts et les champs du Sud du pays. Rien que ces derniers jours, l’armée israélienne a incendié le 24 juillet 2026 de vastes oliveraies à Aïnata, dans la région de Bint Jbeil. Le 11 août 2026, elle larguait « des fusées éclairantes sur une zone boisée près de Khiam, dans le sud du Liban » selon le Guardian. Un feu qui s’est rapidement propagé tandis que les pompiers libanais étaient empêchés d’intervenir, menacés par des frappes de drones israéliens.
Ces quelques exemples ne sont qu’une infime partie des exactions et atrocités commises par le fascisme israélien depuis le début de la colonisation. Ils révèlent pourquoi la proposition israélienne faite à la France est particulièrement perverse et cynique : prétendre aider les occidentaux en matière de lutte contre les incendies d’un côté, tout en pratiquant de manière systématique l’incendie criminel pour asseoir sa domination, la colonisation et le nettoyage ethnique.
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