Le racisme est le mode de fonctionnement normal de la police


Selon l’extrême droite, c’est la gauche qui est responsable des propos et actes racistes perpétrés par l’extrême droite


À chaque fois qu'une nouvelle affaire de racisme dans la police éclate, les responsables politiques de droite jouent les surpris.

Une nouvelle affaire de racisme a éclaté cette semaine après qu’un policier municipal de Carcassonne, César R., se soit filmé par erreur avec sa propre caméra-piéton. L’homme est un proche de Christophe Barthès, maire RN de la commune. Comme tant d’autres affaires, elle vient confirmer le caractère systémique du racisme dans la police.

Les images ont révélé 6h d’une diarrhée verbale insoutenable, mêlant insultes racistes, sexistes et homophobes, en passant par des propos injurieux contre la gauche. Comme pour les images des gendarmes de Sainte-Soline, la vidéo prouve que les forces de l’ordre ne sont juste que l’avant-garde du néofascisme français, une milice d’extrême droite assermentée par l’État. Rien de nouveau.

Pourtant, depuis quelques jours, responsables politiques et éditorialistes de plateaux semblent (re)découvrir le racisme qui imprègne les institutions coercitives de l’État. Et l’heure est à la déresponsabilisation des partis de droite et les fausses indignations après la découverte de ces propos.

Si on devait décerner une palme de l’hypocrisie, elle serait sûrement attribuée au laquais du macronisme, Gabriel Attal. Le candidat à l’élection présidentielle réagissait sur son compte X à propos de l’affaire : « Voilà à quoi ressemblerait une France dirigée par le RN. La haine désinhibée et encouragée, y compris là où on doit attendre de la justice et de la sécurité ». Le culot est stratosphérique. Lui et son parti ont voté toutes les lois sécuritaires et xénophobes avec le RN pendant 10 ans. Ils ont repris le lexique et les thématiques des fascistes les plus violents, dorloté les syndicats policiers séditieux, mais il n’aurait aucune responsabilité dans la situation ? Comme si ça ne faisait pas 9 ans que la macronie au pouvoir s’acharnait à piétiner les valeurs de la gauche tout en offrant un boulevard au fascisme.

Pas plus tard que le 9 septembre, sur le plateau de Cnews, où le gouvernement a ses habitudes, Aurore Bergé était interrogée par un présentateur : «Est-ce que la théorie du Grand Remplacement est raciste ?» Réponse : «Non, je ne le crois pas… c’est un débat politique». En une phrase, la ministre venait en direct de valider une théorie complotiste. Le concept de «grand remplacement» a été forgé par l’idéologue raciste Renaud Camus et repris par le RN et Reconquête.

En vérité, l’État est en cogestion et sous tutelle de l’extrême droite depuis une décennie. Les macronistes sont autant responsables que le RN dans la montée des violences fascistes, y compris chez les forces de l’ordre. D’ailleurs, les policiers n’ont pas besoin du RN au pouvoir pour appliquer leur système de violence raciste contre celles et ceux considérés comme indésirables puisque le gouvernement Macron les protègent.

Sur BFM, Julien Oudoul, « condamnait » les propos « abjects et inacceptables » du policier, qui rappelons-le est membre du RN, et a été accessoirement bénévole pour faire le service d’ordre de Bardella lors de déplacements.

Il enchaînait et expliquait que cette affaire ne concernait pas l’ensemble de la police française, qu’il s’agissait d’un cas individuel, avant de continuer : « Vous avez des individus racistes dans tous les partis politiques en France, vous avez d’ailleurs des partis qui mettent en œuvre des politiques racistes par leur discours comme la France Insoumise ». L’inversion est totale. Son parti a été fondé par d’anciens Waffen SS et des pétainistes, a fait du racisme son fond de commerce, accueille en son sein un policier néo-nazi, mais c’est la France Insoumise qui mettrait en œuvre des politiques racistes alors qu’elle n’est même pas au pouvoir ? Pourtant cette diffamation absurde ne fera l’objet d’aucune contradiction sur le plateau. Répétons-le, l’affaire concerne UN MEMBRE DU RASSEMBLEMENT NATIONAL. Et c’est pourtant le RN que l’on invite pour accuser la gauche. En bref, personne n’est responsable dans le parti de Marine Le Pen, c’est une brebis galeuse, le RN n’est pas raciste. C’est de la faute de LFI si les flics sont racistes. Kamoulox.

Mais revenons-en à la police. À chaque cas de violences ou d’agressions policières, les dominants et les médias bourgeois essaient de nous faire croire que ces affaires seraient des dérapages individuels, isolés les uns des autres. Il n’y a rien de plus faux. Ici on parle d’un racisme policier institutionnalisé, qui se transmet de génération en génération. Des études montrent que plus de 70% des policiers et militaires votent pour les partis d’extrême droite aux élections.

La police moderne française telle qu’on la connaît s’est structurée autour d’une généalogie coloniale et collaborationniste, des brigades Nord Africaine – ancêtres des brigades anti-criminalté – à la police vichyste. Le racisme policier n’est pas un accident, mais le mode de fonctionnement normal de l’institution. Et cette institution jouit d’une immunité quasi-totale et d’un système de protection généralisée quand elle est prise la main dans le sac.

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