Nantes : 800 personnes mobilisées contre le CRA, la lutte tient bon malgré le passage en force de la préfecture

Une banderole contre le CRA et la manifestation gazée par les policiers

Ce samedi 19 septembre, environ 800 personnes se sont réunies devant l’Église de Saint-Joseph-de-Porterie, au nord de l’agglomération nantaise, en réponse à l’appel du collectif Colère 44. La mobilisation initialement prévue sur le site du futur Centre de Rétention Administrative a été contrainte de déplacer son point de rendez-vous au dernier moment, après l’interdiction scandaleuse décidée par la préfecture dans la nuit de vendredi à samedi, soit le plus tardivement possible afin d’empêcher toute possibilité de recours contre l’arrêté.

Les opposants au projet de CRA étant réactifs et déterminés, la mobilisation a pu se tenir, après quelques prises de parole rappelant l’ignominie raciste et écocidaire du projet. Un cortège festif et familial s’est mis en route sous le soleil de septembre, à coup de slogans tels que « De Carcassonne à Carquefou, la police mutile, la police assassine » ou bien « Le CRA dégage, résistance et sabotage ». La manifestation s’est dirigée vers le lieu du chantier, le Bois-Dormant situé dans la zone du Champ de Manœuvres, qui a subi en moins de deux semaines une déforestation expéditive, afin de lancer le chantier sans attendre les décisions de justice.

C’est un passage en force de la préfecture et du ministère de l’Intérieur, qui s’accompagne d’énormes moyens répressifs pour déjouer l’opposition populaire. Dépêchées en nombre, des unités de la gendarmerie et de la police nationale ont repoussé le cortège en tirant des grenades lacrymogènes sans sommation.

Quelques percées à travers les rues et chemins de la commune de Saint-Joseph-de-Porterie ont été tentées, mais sans succès, faute de nombre pour déborder les lignes d’armures. Une action symbolique était prévue, consistant à jeter des glands dans le Bois-Dormant afin de répondre « à leurs chaînes par des chênes » : intolérable pour les forces de répression.

En amont de cette mobilisation publique, quelques actions plus discrètes mais efficaces ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Des banderoles ont été déployées sur le périphérique nantais, et les locaux de l’entreprise Ouest Aménagement ont été tagués. Cette dernière est impliquée dans les pseudo «mesures compensatoires» requises pour légaliser la destruction du Bois-Dormant et l’anéantissement de sa biodiversité. Des «compensations» qui vont confisquer des parcelles de terres agricoles à la ZAD, faisant ainsi d’une pierre deux coups : construire une prison pour étrangers et attaquer un territoire de résistance.

Les autorités ont peur du temps qui passe, et qui joue en faveur de la mobilisation : indéfendable, le projet fédère jour après jours toujours plus d’opposant·es, qui ont d’ores et déjà réservé la prochaine date dans leurs agendas. Les 10 et 11 octobre 2026 aura lieu sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes un week-end de soutien, avec notamment une manifestation en vélo au départ de Nantes. D’autres mots d’ordre entendus dans les cortèges appellent à des actions de désarmement plus directes…

SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !

Les cryptos-fascistes de la Big Tech peuvent supprimer Contre Attaque des réseaux « sociaux » du jour au lendemain, d’un simple clic. Pour renforcer l’autonomie des médias révolutionnaires, il est urgent de se doter de moyens de diffusion indépendants. Tous les 15 jours, recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque !