Quand les policiers se blessent entre eux

Une énorme déflagration, une unité de policiers sous le choc, plusieurs qui s’effondrent. Et un agent qui semble gravement blessé. La scène a été captée le 13 octobre à Paris, à la fin de la manifestation. C’est la première vidéo en deux semaines montrant un policier réellement blessé dans le cadre des mobilisations de la jeunesse.

La document a été tournée par l’équipe de CLPress. On y voit les Compagnies d’Intervention lancer de violentes charges dans la foule, et tirer de nombreuses grenades explosives de manière illégale. Puis, en regardant attentivement, on voit une de ces grenades arriver de l’arrière d’une unité, tomber à leurs pieds, et sauter. Il s’agit, selon toute vraisemblance, d’un tir raté de leurs collègues situés plus loin.

La violence de l’explosion souffle plusieurs hommes en armure, lourdement protégés. Voilà le type d’armes utilisées contre la population, et jetées sur des lycéen·nes ces derniers jours.

Une vidéo tournée par un média anglais sous un autre angle confirme cet usage d’une munition, qu’on voit arriver au dessus des policiers avec une étincelle montrant un déclenchement. Selon le journaliste de Politis Maxime Sirvins, il s’agit d’une nouvelle grenade GL-304 commandée par l’État français à la firme brésilienne Condor.

Ce même 13 octobre, d’autres vidéos montrent un policier se tordre la cheville en chargeant, un CRS sonné par un tir raté de grenade de désencerclement, et un autre qui oublie de dégoupiller, avant de ramasser sa grenade et de la relancer. Enfin à Nantes, le même jour, un gendarme a déclenché par erreur une grenade lacrymogène dans sa tenue, ce qui doit fortement brûler la peau et les poumons. En 2023, lors du mouvement des retraites, un gendarme avait été gravement blessé par une grenade assourdissante mal lancée par ses collègues.

Sur Twitter, l’élu RN et policier Mathieu Valet utilise les images de ses collègues au sol pour dire qu’il est en «colère noire», faisant mine d’ignorer qu’ils ont été blessés par leur propre matériel. Les autorités continuent de marteler le chiffre fantaisiste de 800 policiers blessés. Combien d’inventions ? Combien d’auto-blessures ?

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