Froid mordant et grand soleil à Nantes, ce dernier samedi avant Noël. Et des décibels à faire trembler le bitume, qui bouscule un peu la quiétude consumériste de fêtes. Plusieurs centaines de personnes défilent et tapent du pied derrière d’imposant camions sonos. Une Free Party en plein cœur de la ville, une «manifestive» contre la répression.
L’événement fait suite à l’intervention policière contre une énorme Free Party qui s’est déroulée fin octobre à Modène, dans le Nord de l’Italie. Près de 3000 personnes s’étaient retrouvées dans une usine désaffectée, pour faire la fête, les forces de l’ordre avaient saisi le matériel sonore d’une valeur de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le gouvernement néofasciste qui vient d’arriver au pouvoir chez nos voisins en avait profité pour lancer une vaste offensive contre les libertés. La dirigeante d’extrême droite Meloni avait déclaré : «La fête est finie» et fait passer une loi volontairement ambiguë interdisant «tout rassemblement public de plus de 50 personnes» et «l’invasion de terrains et d’édifices» susceptible de provoquer «des dangers pour la sécurité publique, l’ordre public ou la santé publique». Une attaque à la fois contre les fêtes mais aussi potentiellement contre toutes les contestations et occupations.
Dans le même temps, en France, les autorités font la guerre aux teufeurs. À Nantes, tout le monde se souvient de la noyade de Steve lors de la fête de la musique 2019, pendant une charge très violente de la police en bord de Loire. À Lieuron, en Bretagne, pour le Nouvel An 2021, la gendarmerie avait attaqué la fête et trois personnes avaient été perquisitionnées et mises sous contrôle judiciaire. Six mois plus tard à Redon, un énorme dispositif policier attaquait un rassemblement festif en mémoire de Steve. Plusieurs charges très violentes et des centaines de tirs de grenades avaient eu lieu de nuit, en plein champ, sur les teufeurs. La main d’un jeune homme avait été arrachée. Et ce ne sont que quelques exemples marquants d’une brutalisation croissante de la gestion des fêtes : des lois de plus en plus dures, des attaques policières plus violentes, des poursuites judiciaires plus invasives.
Ce 17 décembre, le mouvement Free a donc surgi avec tout son univers et sa musique dans le centre de Nantes, diffusant du son jusque devant la préfecture, affichant des banderoles et des créations sur les grandes artères. Le défilé s’est passé dans le calme, avant de se disperser tranquillement à l’approche de la nuit.
Pour continuer la journée, rendez-vous au bar La Grande Barge, arrêt Vincent Gâche, pour un contre marché de Noël et boire un verre !
Images : CA et Oli Mouazan
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