Une image du régime


Regardez attentivement cette image. Elle a été prise mercredi 14 décembre, au soir, dans la ville de Lyon.


On y voit un homme vêtu de noir qui attaque avec une arme qui ressemble à une barre de fer ou une masse, en tout cas un outil qui peut tuer quelqu’un. Cet attaquant est un militant néo-nazi, qui s’en prend aux supporters marocains, après le match entre la France et le Maroc. Au second plan de cette agression armée, une ligne de forces de l’ordre. Leurs casques indiquent qu’il s’agit de la compagnie d’intervention, une unité anti-émeute.

Cette photo résume l’époque, et en particulier la situation lyonnaise. Les témoins et plusieurs vidéos expliquent que des dizaines de néo-nazis ont attaqué la foule de supporters dans les rues de Lyon en criant notamment «on est chez nous» et «la France aux français» ce soir là. Ils s’étaient réunis dans leurs locaux, qui ont pignon sur rue à Lyon depuis des années, en toute impunité. Dans ces locaux, identitaires et néo-nazis organisent depuis des années des entraînements au combat, des soirées, des expéditions violentes. Ils ne s’en cachent même pas. Ils s’en vantent même sur les réseaux sociaux.

Les témoins sur place le 14 décembre assurent que les agresseurs ont pu se replier derrière la ligne de policiers, qui les ont laissé repartir, avant de tirer au LBD sur la foule qui ripostait. Nous avons donc une photographie d’un milicien armé, membre d’un réseau néo-nazi qui a organisé ce soir là des émeutes racistes dans plusieurs villes de France, protégé par la police.

Pourtant, cela ne suscite pas grande réaction. Les télévisions des milliardaires tentent même de relativiser les faits, de détourner l’attention, de minimiser les attaques. L’information a déjà été chassée par d’autres faits d’actualité. Visiblement, ce genre de scène constituent la nouvelle normalité, en France, en 2022. En avoir conscience ne suffit malheureusement pas. À nous d’en prendre acte et d’en tirer, collectivement, les conséquences.

Photo de @wildagaby

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.