Des dizaines de personnes arrêtées en plein centre-ville et plusieurs placées en rétention à la suite d’une descente organisée par la préfecture, avec l’appui de la mairie socialiste

Alors que l’ICE, la milice fasciste et militarisée de Donald Trump, défraie la chronique outre-atlantique, on ne doit pas oublier que les gouvernements français successifs ont promulgué plusieurs lois racistes et que l’État applique une politique répressive hardcore à l’encontre des sans-papiers, juste ici, sous nos yeux.
La police française brutalise, traque, harcèle et mutile déjà les migrant·es aux frontières quotidiennement. L’agence Frontex, le pendant de l’ICE en Europe, est complice de naufrages d’embarcations en mer Méditerranée. Au moins 32.000 personnes sont mortes noyées en tentant la traversée depuis 2014. Des victimes sans sépulture, condamnées à l’oubli. Des arrestations de masse d’exilé·es sont organisées dans toute la France. En juin dernier Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, lançait de grandes rafles, en déployant 4.000 membres des forces de l’ordre pour organiser des contrôles massifs dans les gares et les bus à la recherche de «clandestins».
Il y a quelques jours, Arno Klarsfeld déclarait sur la chaîne d’extrême droite Cnews vouloir s’inspirer de méthodes encore plus brutales. Sur le modèle étasunien, il appelait de ses vœux à une intensification des opérations de déportations, quitte à assassiner des opposant·es ou des personnes en situation irrégulières. De simples «injustices», des dommages collatéraux selon les mots de ce chroniqueur suprémaciste. Les pulsions criminelles des fascistes se dévoilent au grand jour.
Ce mardi 10 février 2026, c’est à Nantes que le préfet a organisé une grande opération policière à grand coup de projecteurs médiatiques, et avec la complicité de la mairie PS. La presse locale, ou plutôt le torchon Ouest-France, titrait avec un certain enthousiasme dans ses colonnes : «Mobilisation policière XXL et interpellations en série en centre-ville de Nantes ce mardi».
Le journaliste se félicite à demi-mot de la rafle : «Treize personnes ont été interpellées dans le centre-ville de Nantes, lors d’une opération de contrôles grand format». En réalité, des témoins parlent de dizaines d’arrestations, probablement une centaine. «De nombreux policiers ont été mobilisés de 11h à 17h. Quatre-vingts, au total. Ainsi que des agents des douanes, de l’Urssaf, de la police aux frontières, de la police municipale et des CRS». Tous les flics et les services de l’État de France et de Navarre mobilisés pour pratiquer des arrestations de masse.
Il faut souligner que la municipalité «rose-verte » de Johanna Rolland, qui prétend s’opposer au racisme pour gratter des voix aux municipales, envoie sa propre police appuyer une telle opération, mais elle implante aussi des centaines de caméras et valide la construction d’un Centre de Rétention.
Chez Ouest-France, on aime quand les autorités voient les choses en «grand» [sic] et qu’elles envoient une garde prétorienne pour chasser les sans-papiers. On n’est plus très loin de l’apologie de rafle d’exilé·es des «confrères» de CNews. Mentalité de collabo et journalisme policier quand tu nous tiens. Nous suggérons à la rédaction de Ouest-France d’établir ses locaux directement dans les bureaux de la préfecture. Autant faire dans le circuit court.
Sur les personnes arrêtées, dix d’entre elles sont sans-papiers selon la presse. Le collectif AntiCra44 qui se mobilise contre la construction du futur centre de rétention administrative à Nantes annonçait dans une publication que certaines personnes étaient en garde à vue, tandis que d’autres étaient en retenue administrative. Ce qui veut dire qu’elles risquent d’être enfermées puis expulsées du territoire.
Le collectif appelle à un rassemblement de soutien ce mercredi 11 février devant le commissariat central de Waldeck-Rousseau pour dénoncer la traque des personnes sans-papiers à Nantes et ailleurs.
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