Le processus de fascisation est en train de s’imposer partout. Macron a réalisé un coup d’État légal après la dissolution de l’Assemblée Nationale, et gouverne de fait avec la droite radicale depuis deux ans, sans la moindre légitimité. Les médias des milliardaires qui ont mis Macron au pouvoir mènent une campagne éhontée pour le RN et tentent de démolir la gauche.

À l’échelon local, plus personne ne s’embarrasse du «cordon républicain» : dans toutes les villes, les macronistes et la droite s’allient sans complexe avec l’extrême droite. Alors que LFI – dont le programme ressemble à celui du PS des années 1980, rappelons-le – est diabolisée, le fait de voir des néofascistes sur une liste macroniste ou LR passe sans aucun problème. Tour d’horizon à la veille du second tour des municipales.
Nantes
Foulques Chombart de Lauwe. Ce n’est pas le patronyme d’un ami de Godeffroy de Montmirail dans Les visiteurs, mais celui qui se voit déjà à la mairie de Nantes. Nom à particule, prénom du temps des Croisades, il fait partie de l’aile droite de LR : celle du vendéen Bruno Retailleau et ses innombrables propos racistes, celle de Christelle Morançais, la présidente des Pays-de-Loire, qui a sabré le budget de la culture et des associations.
Mais Chombart de Lauwe, c’est surtout une base militante composée de membres de l’UNI. Vous savez, le syndicat étudiant d’extrême droite, dont plusieurs membres ont été photographiés en train de faire des saluts nazis, notamment Maxime Gachon, son délégué national. L’UNI était derrière Zemmour en 2022. Sur la liste de Chombart de Lauwe, un certain Max Rivet qui prenait la pose avec Marion Maréchal il y a quelques mois. Et Foulques le leur rend bien, puisqu’il multiplie les communiqués appelant à la répression sur le campus étudiant, pour laisser les mains libres à ses petits protégés et empêcher tout mouvement étudiant de gauche. Il se vante aussi d’avoir siphonné les voix du RN à Nantes. Et des membres de Reconquête viennent de lui apporter leur soutien pour le second tour.
Chombart de Lauwe c’est la vieille droite catho réac qui a toujours existé dans la ville, la bourgeoisie des écoles privées, des processions religieuses et des vieilles traditions. D’ailleurs, on trouve sur sa liste d’anciens membres de la Manif pour Tous comme Laurence Garnier. Foulques est un accident, il ne correspond pas à la réalité sociologique de Nantes, qui reste essentiellement une métropole de cadres de centre-gauche, mais avec une jeunesse plus précaire et beaucoup plus engagée dans les luttes.
Cette année, cette droite jusqu’ici très minoritaire pourrait l’emporter grâce aux trahisons du PS et à la nullité de LFI, qui ont réalisé des contre-performances par rapport aux autres villes. Mais surtout grâce à «l’union des droites» réclamée par Zemmour et Ciotti, visant à faire entrer LR dans un grand parti néofasciste à même de gagner la présidentielle. C’est déjà fait à Nantes : Chombart de Lauwe réalise un grand écart allant des macronistes au cathos tradis.
Paris
Style agressif, fake news, injures : Dati a repris le style trumpiste pour sa campagne. Mais ce n’est pas tout : elle est désormais officiellement la candidate de l’extrême droite parisienne puisque Sarah Knafo de Reconquête s’est désistée pour lui offrir sur un plateau ses 10% de voix au second tour. Sur la liste de Dati, on trouve de nombreux élus mis en cause pour détournement de fonds, comme la candidate elle-même d’ailleurs. Mais surtout des idées rances.
Par exemple Max Guazzini, l’ancien président du club de rugby, et colistier de Dati, qui embrassait Sarah Knafo au stade, et qui partage sur internet le site Fdesouche, le torchon raciste Frontières ou le militant d’extrême droite Jean Messiha. Il acclame aussi la dirigeant italienne Giorgia Meloni et publie des messages islamophobe comme «Vous préférez les chiens ou les muz ?», ou encore des appels à la «remigration totale».
Sur la liste de Dati, on trouve aussi Soureya Nadji, ancienne du parti Reconquête et amatrice du site Fdesouche. Ou encore Antoine Beauquier, l’avocat d’Éric Zemmour, et Amine El Khatmi le propagandiste faussement laïc et réellement islamophobe, chroniqueur sur CNews. Il disait préférer Marine Le Pen à Mélenchon en cas de duel à la présidentielle, et tient des propos aussi radicaux que le RN. Il a d’ailleurs été approché par le parti d’extrême droite. Enfin on trouve chez Dati, comme sur la liste LR à Nantes, des homophobes issus de la Manif pour Tous.
Lyon
Les médias ont vendu Jean-Michel Aulas, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, comme l’inévitable grand gagnant des municipales. Sa victoire est beaucoup moins sûre que prévu, car il s’est effondré en cours de campagne. Mais ce qui est avéré, ce sont les liens de ce macroniste avec l’extrême droite. D’abord, il a appelé à mettre un portrait du nazi Quentin Deranque sur la mairie et à suspendre la campagne après sa mort. Cet homme était prêt à mettre tout Lyon au garde à vous pour rendre hommage à un nostalgique d’Hitler.
Avant cela, un groupe de soutien emmenés par d’anciens LR s’est constitué pour soutenir sa campagne. Ils ont vite été rejoints par des militants de l’UNI, mais aussi au moins une militante qui affichait sa proximité avec l’extrême droite, tendance Eric Zemmour, selon Médiacités.
Quand il dirigeait l’OL entre 1987 à 2023, Aulas s’est «toujours montré peu regardant sur les dérives des supporteurs d’ultradroite de son club. Lesquels le lui rendent bien aujourd’hui» explique aussi le Canard Enchainé. En effet, c’est sous sa direction que les tribunes du stade sont devenues de véritables incubateurs de néo-nazis, qui se retrouvaient chaque semaine à supporter ensemble l’équipe de foot et à commettre des violences. C’est l’une des matrices de la situation déplorable de Lyon : ces groupe de hooligans d’extrême droite ont ensuite déferlé dans la ville, et en particulier contre la gauche et les personnes non-blanches.
Pour son dernier match, le 28 mai 2023, Aulas a fait le tour des tribunes et posé avec des supporters d’un groupe d’extrême droite : la Mezza, dont les membres arborent des signes nazis comme la Totenkopf des SS. Ils ont multiplié les saluts bras tendu et imité des cris de singe lors de précédents matchs, commis des violences racistes, et ont bénéficié d’une énorme complaisance du «patron» et de ses services de sécurité. Le candidat RN à Lyon a d’ailleurs explique qu’Aulas l’avait approché avant la campagne.
Lorient
Dans la ville bretonne, le maire de droite Fabrice Loher est candidat à sa réélection face à l’écologiste Damien Girard et au candidat RN Théo Thomas. Durant son mandat, il a laissé prospérer les groupes d’extrême droite dans sa ville, qui ont multiplié les violences dans une impunité générale. En parallèle, Fabrice Loher n’a pas arrêté de condamner l’antifascisme.
Sur sa liste, un colistier vient d’être épinglé pour des propos racistes et homophobes. «On ne se mélange pas entre races» ou «Pas de gays dans notre équipe, je veux une équipe saine». Ce sont les messages, envoyés entre 2019 et 2020 par Guillian Le Nézet, qui figure sur la liste de Loher, et retrouvés par le média Blast. Il écrivait aussi «Des sauvages, y a d’autres pays pour faire du tourisme» après l’assassinat de touristes français au Niger en 2020.
Ironie de l’histoire, ces messages ont été révélés par le candidat du RN : Théo Thomas, qui était adjoint au maire et qui a rejoint l’extrême droite en cours de mandat. Thomas et Le Nézet s’étaient fréquentés au sein des Jeunes Républicains. Le représentant du RN s’est donc amusé, lors d’un débat, à dénoncer le maire qui a placé sur sa liste «un identitaire connu pour son extrémisme». Thomas dit même avoir prévenu le maire à l’époque, lorsqu’il a reçu les textos racistes de son ancien camarade.
Ce ne sont ici que quelques exemples emblématiques, mais il y en a des dizaines d’autres partout en France. Plus personne ne fait semblant à droite. C’est bien une alliance du bloc réactionnaire appuyé par la bourgeoisie qui est déjà actée, pour barrer la route à la gauche partout et tous le temps, y compris en mettant aux postes de pouvoir la bête immonde.
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.



