Après ses signes nazis, Alice Cordier pose avec l’ambassadeur d’Israël qu’elle remercie pour son «soutien»


Pendant que la propagande sioniste accuse la gauche d’antisémitisme, les plus hautes autorités israéliennes affichent leur amour pour d’authentiques nostalgiques d’Hitler !


Alice Cordier posant aux côtés de l'ambassadeur d'Israël

Une néo-nazie avec un ambassadeur israélien qu’elle appelle « son Excellence » avec une majuscule. Et souriant à ses côtés : l’image est saisissante. Elle illustre sans aucune ambiguïté l’alliance entre le sionisme génocidaire et l’extrême droite antisémite européenne. Cette photo, à elle seule, devrait disqualifier à tout jamais ceux qui accusent les défenseurs de la Palestine d’antisémitisme, mais ne trouvent rien à redire dans ce pacte entre suprémacistes blancs et colons israéliens.

Cette image a été prise le 18 mars, au Chinese Business Club. Tous les mois, ce club très sélect organise des déjeuners luxueux entre entrepreneurs et personnalités d’influence, pour tisser des réseaux. Le prix de l’adhésion s’élève à la modique somme de 9.005 euros. On trouve parmi les patrons et les responsables politiques de nombreuses personnalités d’extrême droite, notamment le député RN Julien Odoul, Stanislas Rigault membre de la garde rapprochée de Zemmour, l’avocat d’extrême droite Thibault de Montbrial, la galaxie Bolloré ou le média «Frontières»… Comme dans les années 1920 et 1930, le fascisme fréquente les mêmes salons dorés que la grande bourgeoisie et s’allie avec elle pour imposer un ordre autoritaire, raciste et inégalitaire.

Mais revenons au déjeuner du 18 mars. On y voit donc Alice Cordier, fondatrice du groupe Némésis, poser fièrement aux côtés de l’ambassadeur d’Israël Joshua Zarka. Cet homme est le porte-parole de Netanyahou en France, il est régulièrement invité sur les plateaux de télévision, où il répand ses éléments de langage justifiant le massacre de Gaza et les agressions israéliennes. Cet homme, en tant que complice de génocide, a sa place sur les bancs d’une Cour pénale internationale et pas devant les caméras.

Alice Cordier, quant à elle, organise des embuscades avec des groupes néo-nazis. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé à Lyon le 12 février dernier : alors que Némésis faisait de la provocation devant un meeting de Rima Hassan, Quentin Deranque et ses amis attaquaient des antifascistes à coups de fumigène, de gazeuse et de béquille. Quentin Deranque avait fait un malaise après cette bagarre qu’il avait initiée, et lors de laquelle il avait donné des coups, avant de décéder le 14 février. Il est désormais prouvé que Quentin Deranque, lié à Alice Cordier, était un fanatique d’Hitler qui a publié des dizaines de messages racistes, antisémites, fascistes et d’appels au meurtre sur internet. Et qui s’entraînait assidûment au combat.

Il y a quelques jours, une photo d’Alice Cordier a fait grand bruit : on la voyait en compagnie d’un néo-nazi, tous deux en train de mimer la lettre «S» en forme d’éclair avec leurs doigts. Ce qui donne SS, une référence à la Schutzstaffel, principale organisation sous le IIIᵉ Reich, milice criminelle d’élite sous les ordres d’Hitler.

Cordier a milité plusieurs années au sein de l’Action Française, groupe royaliste et antisémite, puis a été en couple avec un néo-nazi violent nommé Bastien Merger, adepte du bras tendu et membre des Zouaves Paris, groupuscule dissous en 2022 après des attaques sanglantes. En 2021, Alice Cordier avait été embauchée par Bolloré dans l’émission de Cyril Hanouna, tout en restant amie avec des individus charmants comme un certain Karel C., condamné pour violences, arborant fièrement des tatouages à la gloire du nazisme sur internet.

Le 18 mars, Alice Cordier remercie l’ambassadeur d’Israël, et écrit qu’elle est «ravie de ce déjeuner», que son «soutien» fait «la différence». Le même ambassadeur qui accuse constamment LFI d’antisémitisme dans les médias. Tout est renversé, il n’y a que des mensonges dans la bouche de ces gens.

Un sioniste et une nazie main dans la main. Cela devrait choquer, mais ce n’est en réalité même plus surprenant.

Le 23 janvier 2025, après le salut nazi du milliardaire propriétaire de Tesla lors de l’investiture de Trump, Netanyahou avait écrit : «Elon Musk est faussement diffamé. Elon Musk, c’est un grand ami d’Israël. […] Il a soutenu à plusieurs reprises et avec force le droit d’Israël à se défendre contre les terroristes génocidaires et les régimes qui cherchent à anéantir le seul et unique État juif. Je le remercie pour cela». Depuis son rachat, le réseau X pullule de contenus racistes et nazis, que Musk laisse délibérément prospérer.

Netanyahou voit des antisémites absolument partout, sauf là où il y en a. Rappelons qu’il a traité le pape, l’ONU et quiconque soutenait le peuple de Gaza bombardé d’antisémite. Mais pas Elon Musk, fervent soutien du parti d’extrême droite allemand AfD, habitué des déclarations ouvertement antisémites et ayant permis la réouverture de centaines de comptes d’influenceurs néo-nazis. Soit dit en passant, le fait que quelqu’un considéré comme un «grand ami d’Israël» fasse des saluts nazis devrait sérieusement interroger tout le monde sur ce qu’est devenu ce pays sur le plan politique.

Netanyahou n’en est pas à son coup d’essai. En 2015, il déclarait déjà que «Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs», affirmant que les palestiniens seraient les vrais responsables de la Shoah. C’est évidemment complètement faux. Hitler, obsédé par la hiérarchie raciale, puisait son programme dans l’antisémitisme européen et avait annoncé ses projets exterminateurs bien avant la guerre. Mais en mentant ainsi, l’extrême droite israélienne déresponsabilise l’extrême droite européenne, elle l’absout de ses crimes.

Le même Netanyahou s’est rendu à Budapest l’année dernière, invité par Viktor Orban, un dirigeant qui laisse manifester des néo-nazis dans sa capitale et qui a réhabilité des figures pro-nazies de la seconde guerre mondiale, notamment Miklós Horthy, dirigeant collaborationniste responsable de massacres de juifs hongrois. Dans le même registre, Jordan Bardella et Marion Maréchal ont été reçues en grande pompe à Jérusalem.

Le 29 janvier, la chaîne israélienne I24 recevait comme invité d’honneur le théoricien d’extrême droite Renaud Camus. Celui-ci déclarait qu’il est «ardemment sioniste». Renaud Camus est surtout l’un des plus grands représentants du racisme et de l’antisémitisme en France encore en vie.

Voilà les amis d’Israël : des néo-nazis, des révisionnistes et des racistes. L’État colonial instrumentalise et dévoie l’accusation d’antisémitisme pour salir toutes les personnes qui dénoncent la colonisation de la Palestine et le génocide à Gaza. Inversement, il est aussi l’ami de l’extrême droite occidentale. Netanyahou est un allié des courants politiques issus du nazisme et du fascisme, ceux-là mêmes qui ont exterminé les juifs européens, mais qui sont désormais considérés comme des partenaires dans une perspective suprémaciste, impériale et islamophobe.

Ne laissons plus passer aucune diffamation contre la gauche venant de telles personnes, car leur parole ne vaut rien.

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