Impérialisme et mégalomanie : sur son projet de gratte-ciel, Trump affiche un drapeau des USA à 56 étoiles

Le projet de Trump Library, qui pourrait voir le jour en Floride, présente un drapeau des USA avec 56 étoiles.

Le 31 mars, Eric Trump, le fils de Donald, diffusait une vidéo en images de synthèses présentant la «Donal J. Trump, Presidential Library», un futur gratte ciel mégalomaniaque que souhaite construire le président à sa propre gloire. Commentant cette vidéo de 2 minutes, le fils Trump disait avoir consacré «son cœur et son âme» au projet.

Sans surprise, il s’agit d’une orgie de mauvais goût : une immense tour en verre sur le front de mer, un portail doré au nom de Trump, l’avion présidentiel trônant dans le hall d d’entrée de la tour, des escalators dorés, les lettres «TRUMP» géantes et dorées elles aussi, au sommet de la façade, des images du président des USA qui défilent sur un écran, une gigantesque statue en or de Trump avec le poing levé, face à un amphithéâtre rempli de spectateurs…

Ces images, manifestement réalisées par Intelligence Artificielle, évoquent d’autres vidéos grotesques, notamment celle dans laquelle Trump mettait en scène la bande de Gaza façonnée à son image, avec des hôtels de luxe, des touristes et des portraits de lui-même. Mais ce projet de «bibliothèque présidentielle» est bien réel. La tour devrait être construite à Miami, près de la résidence luxueuse de Mar a Lago, propriété de Trump. Le gouverneur de Floride Ron de Santis, proche du président, lui a récemment accordé une concession dans le centre-ville, en violation des codes de l’urbanisme.

Les «bibliothèques» présidentielles sont, d’ordinaire, des monuments construits après le mandat d’un président des USA pour y centraliser des documents historique sur la période durant laquelle il a gouverné. Il s’agit d’une sorte de mémorial. Ici, Trump veut construire une «bibliothèque» sans livres pendant son propre mandat. Et il vient lui-même de déclarer qu’en guise de mémorial, il comptait plutôt faire du gratte-ciel un hôtel, le tout avec de l’argent public et des dons de ses riches amis.

Mais outre ce mauvais goût et ce contournement des règles, désormais habituel à la tête des USA, la vidéo comporte un choix symbolique menaçant : l’énorme drapeau lumineux des États-Unis qui apparaît sur la façade comporte 56 étoiles. Pour rappel, le vrai drapeau compte 51 étoiles qui représentent les 50 États des USA, avec Hawaï qui a fait son entrée dans l’union en 1960. Ce montage suggère donc une annexion de 5 nouveaux pays. On peut imaginer qu’il s’agit du Venezuela, du Groenland, du Canada, de Cuba, de Panama. Ou peut-être du Mexique, ou alors de l’Iran ? Autant de territoires déjà avalés par l’ogre impérialiste ? Au prix de combien de guerres ?

Ironiquement, en décembre dernier, Donald Trump faisait graver son nom sur la façade de l’Institut américain pour la paix à Washington, un organisme qu’il avait pourtant tenté de démanteler. Il souhaite aussi mettre son nom sur l’aéroport de Washington et la gare de New York. Il veut également nommer les futurs navires de guerre et frapper des pièces d’un dollar à son effigie Enfin, il a déjà fait écrire son nom sur le Kennedy Center, une institution culturelle prestigieuse où Trump est désormais accolé au nom du président assassiné.

Cela peut paraître grotesque, mais nous avons vu que la fuite en avant mégalomaniaque de Trump s’accompagnait d’actes qui font couler du sang et déstabilisent la planète entière. «L’histoire se répète toujours deux fois, la première comme une tragédie et l’autre comme une farce» écrivait Karl Marx. Le néofascisme étasunien a beau être une bouffonnerie, il n’en est pas moins d’un danger absolu.

AIDEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.

Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.