Le gouvernement commande 40.000 grenades de désencerclement supplémentaires


La militarisation continue


C’est une annonce publiée dans le Bulletin Officiel des Annonces de Marché Public. Dans un appel d’offre daté du 1er mai dernier, le gouvernement annonce l’achat d’un stock supplémentaire de «grenades à main de désencerclement à destination de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale». Cette commande vient compléter un précédent achat, le 23 décembre dernier, de 1280 nouveaux «lanceurs mono-coup» type LBD, et de 450 LBD semi-automatiques – des «lanceurs multi-coups».

En terme de quantité souhaitée, ce document dit qu’il n’y a «pas de maximum» et que «les quantités estimatives sont 10.000 grenades, soit 40.000 sur la durée du marché» qui durera 4 ans. Des dizaines de milliers de nouvelles munitions dans les mains des forces de l’ordre. Montant de l’achat ? Près de 2 millions d’euros.

Cet appel s’adresse aux firmes qui fabriquent déjà les armes du maintien de l’ordre. En France, c’est l’entreprise Alsetex qui vend les grenades explosives et lacrymogènes tirées sur les manifestants.

Quoiqu’il en soit, ces grenades dites «de désencerclement», souvent utilisés pour attaquer un cortège plutôt que pour se «désencercler» d’une foule hostile – c’est en principe à cela que sont sensées servir ces armes – sont extrêmement dangereuses. Elles contiennent une tige remplie de TNT et fonctionnent comme les grenades militaires : elles projettent des éclats au moment de l’explosion. Mais ici, il s’agit de 18 plots de caoutchouc durs, qui partent à toute vitesse et dans tous les sens. Comme les désormais célèbres LBD 40, elles peuvent blesser gravement, mutiler et même tuer.

En septembre 2016, Laurent avait un œil arraché par l’impact d’une de ces grenades – lancées en dehors de tout cadre légal – à Paris. Dylan, jeune manifestant gilet jaune perdait un œil dans les mêmes circonstances il y a quelques semaines seulement à Montpellier. On peut aussi citer l’affaire de Romain D., photographe indépendant qui avait été très gravement blessé à la tête en 2016 à Paris : il avait fait plusieurs jours de coma, et échappé de peu à la mort. En 2007 déjà, Maud était éborgnée à Grenoble à cause d’une de ces grenades. Ce ne sont que quelques exemples parmi bien d’autres cas.

Pourquoi cette nouvelle commande ? Après avoir envoyé des dizaines de milliers de munitions sur les Gilets Jaunes ces derniers mois, la police aurait-elle besoin de réapprovisionner des stocks diminués ? Macron fait-il commander encore plus de grenades de désencerclement en prévision de prochaines répressions féroces, par exemple au G7 de Biarritz cet été ? Peut-être un peu des deux.


Ce gouvernement n’a pas fini de faire couler le sang.


Lire l’appel d’offre en entier ici

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