Le capitalisme est un naufrage


Grande-America : le désastre de la marchandise


Des milliers de tonnes de fioul se dirigent actuellement vers les côtes françaises. Des dizaines de containers de «matières dangereuses» sont tombés à la mer. Des tonnes de produits non identifiés dans l’Océan. Les «nappes de pétrole pourraient toucher le littoral français vers dimanche ou lundi» annoncent déjà les autorités. Ce sont les conséquences du naufrage du Grande-America, un bateau de marchandises coulé au large de La Rochelle.

Le capitalisme mondial c’est ça. Le règne de l’économie repose sur le transport maritime. Un moyen de transport international, peu cher, opaque et extrêmement polluant.

Le transport de marchandises par la mer représente plus de 90% du commerce planétaire. Sans les 53.000 navires qui sillonnent tous les jours les mers du globe, pas de capitalisme. Vêtements asiatiques, produits légaux ou illicites, objets électroniques, matières premières, produits chimiques et pétrole : quasiment tout transite sur les forteresses flottantes qui consomment d’énormes quantités de carburant. «On ne sait jamais vraiment ce qu’il y a dans les conteneurs» déclare d’ailleurs tranquillement un expert du domaine dans un journal aujourd’hui.

Le commerce maritime, indispensable à l’économie, est un laboratoire de l’ultralibéralisme mondialisé. Ce mode de transport a été privatisé de façon croissante, et s’est développé loin des regards et des contrôles, sur fond de dérégulation accélérée. Quelques multinationales se partagent ce secteur lucratif et incontournable, en toute opacité. Elles font peser un risque écologique énorme, et souvent invisible.

En 1978, un navire pétrolier, l’Amoco Cadiz, déversait des dizaines de milliers de tonnes de fioul sur les côtes Bretonnes. En 1999, c’était l’Erika qui dévastait les plages de l’ouest de la France. Des catastrophes écologiques majeures provoquées par le commerce maritime ont lieu tous les ans dans le monde. Mais ces naufrages ne sont que la face émergée de l’iceberg. Quatre millions de tonnes de pétroles sont déversées chaque année dans la mer lors de dégazages sauvages. En toute discrétion. L’écosystème marin est lourdement impacté par la pollution et le bruit incessant des énormes navires. Les échouages massifs de dauphins ou de baleines, qui s’accentuent ces dernières années, sont souvent attribués au bruit des bateaux dans la mer, qui désoriente les animaux marins.

Le Grande-Ameria n’est donc qu’un détail dans une situation générale désastreuse. Le symptôme d’un phénomène plus vaste. Notre époque a tout d’un suicide collectif. De la pollution maritime à l’extinction de masse des espèces, de la fonte des banquises aux accidents nucléaires : le capitalisme est un naufrage.


Le défi de notre époque est d’en sortir au plus vite.


Sources :


À voir : «La face cachée du fret» d’Arte

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