Grand débat : trucages et mépris


Mise en scène présidentielle, fausses contributions et scénario écrit à l’avance


Le mardi 9 avril, les «conclusions» du «grand débat» organisé pour gagner du temps en plein mouvement des Gilets Jaunes étaient officiellement présentées devant la presse. Des conclusions qui, sans surprise, vont totalement dans le sens du gouvernement.

Alors qu’il s’agit, en principe, de répondre à l’immense colère populaire qui s’exprime depuis 5 mois contre le gouvernement et sa politique, Édouard Philippe a estimé, sans aucun complexe, que ce «débat» avait confirmé les orientations du pouvoir.

«Les Français ont compris, avec maturité, qu’on ne peut pas baisser les impôts si on ne baisse pas la dépense publique» a notamment déclaré le Premier Ministre, transformant la demande de justice fiscale en prétexte pour s’attaquer aux services publics.

Traduction en langage clair : «Alors que des centaines de milliers de français réclament dans la rue des droits sociaux et de la dignité, nous allons continuer à appliquer les recettes ultra-libérales, réduire les impôts pour les riches et sabrer les acquis sociaux. Le tout au nom de la réduction des déficits.»

En bref, ce qui est annoncé, ce sont des politiques rigoureusement identiques à celles menées ces dernières années. Mais plus fort, plus vite, et plus violentes.

Avec son «grand débat», Macron ne fait même pas semblant de lâcher quelques miettes. Il crache publiquement au visage des Gilets Jaunes et des démunis.

Au delà de cette provocation, c’est l’intégralité de cette «consultation» qui est truquée depuis le début. Alors que le gouvernement affiche des chiffres de participation importants, le journal Le Monde a décortiqué les contributions récoltées, et voici ce qu’il en ressort :

  • Certains contributeurs ont copié et collé des dizaines (voire des centaines) de fois leur texte ;
  • Plus de la moitié des textes rédigés comportent moins de dix mots ;
  • Plus de la moitié des textes rédigés sont en fait des doublons ou des champs vides

De là à imaginer des cohortes de militant macronistes recopiant les mêmes «doléances» par dizaines pour soutenir le gouvernement, il n’y a qu’un pas.

Macron devrait faire des annonces dans les jours prochains. Alors qu’il est prouvé que tout est factice dans ce simulacre de débat, qui n’a été qu’un coûteux monologue présidentiel escorté par des armées de CRS.

Tout est faux. De son organisation en pleine panique face à la colère populaire, à la «restitution» qui permet à ce gouvernement à bout de souffle et seul au monde de s’auto-célébrer.


Toujours plus fort dans la manipulation, En Marche a manipulé le trafic sur les réseaux sociaux pour le meeting de sa candidate aux Européennes.

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