La France championne d’Europe de l’enfermement des étrangers


La machine à expulser coûte 500 millions d’euros par an


En France, on est très forts pour s’indigner de la politique xénophobe menée par Donald Trump ou le gouvernement d’extrême droite italien. Ou pour condamner des actes des présidents à l’autre bout du continent. Mais la réalité, c’est que la France applique la politique la plus violente d’Europe contre les exilés. Un véritable racisme d’État, institutionnalisé, qui, en plus de briser des milliers de vies, coûte une fortune.

«La France demeure le pays européen qui a le plus recours à l’enfermement des personnes étrangères en vue de les éloigner». Ce sont les termes d’un rapport publié aujourd’hui par plusieurs associations très sérieuses. Elles ajoutent que «les centres de rétention ont été utilisés à plein régime» en 2018, avec plus de 45.000 personnes enfermées dans des camps. Autrement dit, près de 50.000 êtres humains privés de liberté sans avoir commis aucun délit. À part d’être nés au mauvais endroit. Les associations notent «une détérioration des droits» des étrangers enfermés et des conditions d’enfermement de plus en plus épouvantables, à Toulouse, Rennes et ailleurs. Les violences, les suicides, les dépressions y sont monnaie courante.

Par ailleurs, la durée d’enfermement est de plus en plus longue : «le nombre de personnes enfermées durant plus de trente jours a explosé, passant de 2468 en 2016 à 4432 en 2018». Et elle risque de s’allonger avec les lois extrêmement dures votées par le gouvernement Macron et l’extrême droite lepéniste. Être né dans un pays pauvre peut exposer à des semaines entre quatre murs dans notre pays riche !

La France enferme des enfants. Le rapport recense 1221 mineurs placés en centres de rétention à Mayotte, et 114 familles avec 208 enfants en métropole. Vous vous rappelez de l’indignation mondiale à propos des enfants expulsés par le gouvernement Trump ? Macron fait pire. Et dans l’indifférence générale.

Cette immense machine à broyer des vies, à humilier, à expulser des personnes qui ont fui la misère a un coût. Le journal Le Parisien évalue aujourd’hui la somme dépensée pour expulser les exilés à 500 millions d’euros en 2018. Un demi milliard d’argent public, pour faire plaisir à la frange la plus raciste de l’électorat français. 500 millions d’euros qui pourraient servir à tout autre chose qu’à briser des familles.

Dans le détail, le coût d’une seule expulsion est estimé à 14.000 euros. 6000 pour la «surveillance» en centre de rétention, 4000 euros de procédures judiciaires, et 1200 euros pour l’expulsion en tant que telle, par avion, encadrée par des policiers. Autant d’argent qui pourrait justement servir à aider des démunis, loger une famille de réfugiés, scolariser et nourrir des enfants, entre autres.

Sous Macron, «il n’y a pas d’argent magique», sauf pour briser des vies et pour réprimer.

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