Les secouristes de la fête de la musique font voler en éclats la version de l’IGPN


«Certains d’entre nous ont aperçu des gens dériver […] Voir des corps livrés à eux-mêmes, exposés à un danger de mort et ne pouvoir qu’appeler les secours adaptés, c’est terrible»


Encore un témoignage accablant aujourd’hui dans la presse. Mais cette fois, ce sont les secouristes qui étaient déployé autour de la fête de la musique, sur le Quai Wilson. Des témoignages incontestables, puisqu’ils viennent de professionnels «dont le discernement était total», qui travaillent avec les autorités. Ils décrivent une situation très calme, festive, brutalement attaquée par la police. Extraits :


«Cette nuit-là, il s’est produit une injustice, il y a un truc qui s’est passé qui n’est pas normal […] Je ne sais pas quelle est la définition du mouvement de foule de l’IGPN mais j’aimerais comprendre, fustige le secouriste. Si c’est un grand nombre de personnes qui fuient rapidement un nuage de gaz lacrymogène, alors oui, il y en a eu un.» […]

« la situation était « très calme. Il y avait des gens alcoolisés […] Disons que l’on était dans la norme festive. Le son n’était pas à un niveau incroyable car entre secouristes, on se parlait sans crier. Et puis il y a eu les premières odeurs de lacrymo qui ont picoté le nez. […]

Soudain, une deuxième salve a été tirée. Le nuage était très très impressionnant. Et on a perdu en visibilité. Comme lorsque cela pète sur les grosses manifs dans le centre-ville de Nantes. […] un mouvement de panique impressionnant. On entendait des explosions. Des gens criaient et couraient désorientés. Des voix ont dit qu’il y avait des gens à l’eau. Certains d’entre nous se sont approchés du quai et ont aperçu des gens dériver. » […]

«J’ai vu passer deux formes flotter. On a appelé les secours immédiatement. J’ai tenté de les suivre mais le courant était tel qu’ils sont sortis du faisceau de ma torche. Je ne sais pas ce qu’ils sont devenus. […] Voir des corps livrés à eux-mêmes, exposés à un danger de mort et ne pouvoir qu’appeler les secours adaptés, c’est terrible, Ça ne me quitte pas.» […]

«Un tel déploiement de grenades juste pour de la musique, dans un secteur sans habitation, me paraît incroyable»

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