đŸ›” LIVREURS EN LUTTE

Le Collectif des Livreurs Nantais en lutte appelle Ă  un rassemblement jeudi Ă  16h devant la mairie pour l’amĂ©lioration de leurs conditions de travail

Depuis plus d’un mois, un collectif de livreurs s’est montĂ© pour s’opposer Ă  un arrĂȘtĂ© interdisant la circulation des scooters thermiques dans les rues piĂ©tonnes du centre-ville. AprĂšs plusieurs rassemblements, ils sont enfin reçus par la mairie de Nantes ce jeudi. Leur position est claire : cet arrĂȘtĂ© ne fait qu’augmenter leur prĂ©caritĂ© et la difficultĂ© de leurs conditions de travail et ne peut demeurer en l’Ă©tat, sans amĂ©nagements ni aides consĂ©quentes pour s’adapter.

En effet, il leur est devenu impossible de livrer en vĂ©lo, les courses pouvant les amener de plus en plus loin, jusqu’Ă  15 ou 20 kilomĂštres pour certaines, et avec des applications qui les font parfois passer par le pĂ©riphĂ©rique. Ces courses leurs rapportent dĂ©jĂ  des sommes dĂ©risoires, en vĂ©lo elles leurs rapporteraient encore moins en proportion du temps passĂ© sur le trajet, avec en plus un Ă©puisement physique accru.

En ce qui concerne le scooter Ă©lectrique, la plupart sont loin de pouvoir s’en payer un, l’aide fournie par la plate-forme Ă©tant d’Ă  peine 200€ pour un engin qui en coĂ»te en moyenne 6000. Le collectif pointe Ă  ce sujet les incohĂ©rences de la mairie de Nantes, car pour ceux qui pourraient se procurer un scooter Ă©lectrique, il deviendrait encore plus dangereux de circuler dans les zones piĂ©tonnes avec un vĂ©hicule qui ne fait pas de bruit. Enfin, ils se retrouveraient confrontĂ©s au problĂšme du chargement des batteries, la ville ne prĂ©voyant absolument pas de mettre Ă  disposition des bornes pour recharger les vĂ©hicules.

La mairie socialiste n’est cependant pas Ă  une incohĂ©rence prĂšs quant Ă  sa politique en matiĂšre de transition Ă©nergĂ©tique : « nous ne sommes pas les plus grands pollueurs de Nantes », affirme le collectif. En effet, pendant ce temps, les grands projets inutiles et polluants continuent de se multiplier dans la mĂ©tropole et sa pĂ©riphĂ©rie. C’est pourtant encore une fois aux plus prĂ©caires que la mairie dĂ©cide de s’attaquer pour promouvoir son image de ville verte et attractive.

Depuis l’entrĂ©e en vigueur de cet arrĂȘtĂ©, les amendes pleuvent sur les livreurs, qui ne touchent dĂ©jĂ  mĂȘme pas l’Ă©quivalent du SMIC, alors que la mairie avait promis un mois de tolĂ©rance. C’est d’ailleurs avec l’intervention d’ASVP venus les verbaliser que la confĂ©rence de presse du collectif de livreurs se trouve finalement interrompue. Ils appellent cependant Ă  venir les soutenir demain, JEUDI 8 AVRIL A 16H devant la mairie de Nantes pour leur premier entretien avec les pouvoirs publics.

Cette lutte s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation des livreurs en France, mais aussi au Royaume-Uni, en Espagne ou en Australie. Deliveroo a fait une entrĂ©e trĂšs mitigĂ©e Ă  la bourse de Londres le 31 mars dernier, la contestation sociale inquiĂ©tant les investisseurs.