Cas d’école de propagande : justifier l’attaque armée d’une fête dans un champ

Il s’agit d’une véritable guerre psychologique, pensée, organisée, préparée. Alors que la gendarmerie vient de tirer des dizaines de grenades explosives mortelles sur une Free party à Redon, entre Rennes et Nantes, et d’arracher la main d’un jeune, la «porte-parole de la gendarmerie» est déjà sur les plateaux télé. Cela veut dire que le bras armé de l’État dispose de professionnels de la communication, prêts à tout moment, en cas de répression gravissime qu’il faudrait «défendre». Et comme toujours, les forces de répression ont le monopole médiatique.
Au lendemain du meurtre de Rémi Fraisse à Sivens en 2014, seules les forces de l’ordre et leurs représentants ont eu la parole dans les médias, pour répandre des mensonges. Pour défendre l’indéfendable. Un jeune écologiste avait eu la moelle épinière arrachée par une arme de guerre, mais on n’entendait que le version des meurtriers ! Même scénario après la mort de Steve : pendant des jours, seule la «version policière».
Ce matin, à nouveau, un jeune est mutilé à vie, beaucoup d’autres blessés, pour avoir voulu danser. Qui peut accepter que deux ans après la charge mortelle de la fête de la musique, une Free party soit attaquée de nuit à coups de grenades ? Personne.
Médias et gendarmerie déploient donc immédiatement une contre-propagande. On entend que des gendarmes auraient été «blessés», que des «combats» auraient eu lieu. Mais il s’agit de jeunes sans armes venus avec du matériel musical face à des agents entraînés, armés et protégés !
Il s’agit, lorsque les forces de l’ordre sont coupables d’actes indéfendables, d’une guerre de vitesse. La vérité importe peu. En 2014, les gendarmes insinuaient que Rémi avait été tué par une «bombe artisanale» dans son sac. En 2019 que Steve était tombé tout seul dans la Loire. Aujourd’hui tout le monde sait que c’est faux. Que l’État a menti. Mais à chaque fois il faut gagner du temps. Étouffer le réel. Anesthésier la colère légitime.
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