Deux autres dissolutions envisagées par le pouvoir


Nantes Révoltée, premier test avant d’autres attaques liberticides contre les mouvements sociaux


Le Figaro se délecte des futures dissolutions

Alors que des agressions commises par l’extrême droite ont lieu chaque semaine, qu’un pétainiste est aux portes du second tour et que des groupes néofascistes appellent ouvertement à s’armer, le gouvernement veut s’en prendre à «l’ultra-gauche».

Une article publié par la presse policière, c’est-à-dire dans le journal Le Figaro vendredi 18 février, titre que «l’ultragauche est plus surveillée que jamais» avant la présidentielle. Un refrain régulier : à chaque moment de tension sociale ou d’affaiblissement du pouvoir, la presse ressort le spectre de «l’ultra-gauche» et des «black blocs». Facile. Il n’y aurait pas de colère sociale massive contre les gouvernants, mais seulement des «groupuscules» qualifiés «d’ultras», très dangereux et isolés du reste de la population, prêts au passage à l’acte terroriste. Qui croit encore cette narration grotesque ?

Dans cet article du Figaro, écrit uniquement avec des sources policières, il est notamment question de la dissolution de Nantes Révoltée – le journal consacre un article complet à l’agitation de la ville de Nantes – des ZAD et des occupations de bâtiments vides. Mais il est aussi et surtout question d’autres dissolutions. Le Figaro écrit : «L’exécutif accentue la pression sur l’ultragauche. Selon nos informations, deux autres structures gravitant dans cette galaxie sont dans le collimateur des services et auraient vocation à disparaître». Deux autres cibles donc, en plus de Nantes Révoltée. Le Figaro sous-entend qu’il pourrait notamment s’agir d’antifascistes lyonnais.

En fin d’article, un policier du renseignement explique qu’il travaille «sur des structures gazeuses et atomisées sur lesquelles il est difficile d’avoir une prise» et qu’il est «obligé de travailler avec des ”sources”». Autrement dit, des indics infiltrés dans nos luttes. Vous serez ravi d’apprendre que c’est aussi à ça que sert l’argent public : espionner une action écolo ou tenter de détruire un média indépendant. «Nous déployons nos capteurs à travers tout le territoire pour détecter les problèmes avant qu’ils ne s’enkystent».

Derrière ce texte propagandiste issu d’une presse de droite perfusée de subventions publiques, il apparaît clair que la dissolution de Nantes Révoltée est bien un test : une expérimentation qui, si elle réussit, ouvre la voie à d’autres procédures contre d’autres groupes militants et médias indépendants. Le gouvernement veut faire de notre média un exemple et une première étape pour frapper bien plus largement. Il est donc très important de mettre Gérald Darmanin en échec. Pour l’instant, les très nombreux soutiens que nous avons reçu semblent faire hésiter le ministère de l’Intérieur. Mais cet article du Figaro invite à la vigilance maximale.

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.