Une première mobilisation réussie contre le possible projet
Il y a quelques semaines, Macron annonçait le déblocage de sommes colossales pour développer des «technologies de rupture» dans le domaine du nucléaire, dans le cadre d’un projet baptisé «France 2030». En l’occurrence, une technologie dite SMR : rien à voir avec quelque chose de relaxant, il s’agit de «Small modular reactors», ou «petits réacteurs modulaires».
Parmi les sites envisagés pour ces expérimentations radioactives ? L’estuaire de la Loire ! À 30 kilomètres de Nantes se situe une centrale à charbon, dans la commune de Cordemais, polluante, vieille, et destinée à être fermée. Le site «paraît calibré pour accueillir l’un des mini-réacteurs nucléaires dont la France pourrait se doter» pouvait-on lire dans la presse. À l’origine de cette brillante idée de nucléaire entre Nantes et Saint-Nazaire, Christelle Morançais, la présidente très à droite de la Région Pays de la Loire. Elle annonce avoir déjà pris des contacts avec le PDG d’EDF pour y implanter la centrale nucléaire.
Notre département n’est pas épargné par les projets atroces. Aéroport, surfpark, usine à gaz, usine à porcs, extension du port industriel… Les élus locaux semblent décidés à rendre invivable notre environnement proche. Mais il existe aussi une culture de résistance vivace et solidement enracinée. Il ne faut pas oublier qu’en Loire-Atlantique, deux projets de centrales nucléaires ont été abandonnés suite à des mobilisations massives et offensives : sur la commune du Pellerin puis celle du Carnet. À chaque fois, des dizaines de milliers de manifestant-es, des blocages et des affrontements avaient fait reculer le gouvernement. Plus récemment, c’est le projet d’aéroport dans le bocage nantais qui était enterré par une lutte très déterminée.
Ce dimanche 27 mars, ce sont donc plusieurs centaines de personnes qui se sont retrouvées dans la bonne ambiance et sous le soleil à Cordemais, pour exprimer le refus du projet nucléaire. Pour l’instant, la centrale n’est qu’à l’état d’hypothèse. Cette première mobilisation, intergenérationelle, est donc conséquente. On y retrouvait des réseaux anti-nucléaires, écologistes, des tracteurs, des anciens des luttes de territoires, notamment de Notre-Dame-des-Landes. Il s’agissait d’un coup de semonce, poli, souriant, mais ferme : il n’y aura pas de nucléaire dans l’estuaire de la Loire. Les luttes du pays nantais pourraient se réveiller massivement. Le gouvernement est désormais prévenu.
Images : NR, Aziliz Gouez, Jim Delémont
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