VERS UN PARTI UNIQUE MACRONISTE


Macron réalise une fusion des partis bourgeois pour s’installer durablement au pouvoir


Les grands partis de droite et de gauche qui ont dominé la 5ème République pendant des décennies, en alternant le pouvoir, au gré des élections, ont disparu. Ou plutôt, ils ont fusionné dans un «super-parti» de la bourgeoisie, dominé par Macron.

Sarkozy, Darmanin, Valls, Chevènement, Raffarin, De Rugy, Estrosi, Castaner, Pompili, Rebsamen… Quasiment tous les noms des grandes crapules qui ont dominé le champ politique des 40 dernières années font désormais bloc derrière le candidat des banques et des cabinets de conseil. Pourtant, ces politiciens viennent, à la base, de bords «opposés» : Parti Socialiste, UMP puis LR, Europe Écologie Les Verts… Ils se sont ralliés derrière un seul homme. Au moins, les masques sont tombés. Ces gens sont d’accord sur l’essentiel. Depuis toujours.

Ce qui se joue sous nos yeux, c’est l’officialisation d’un grand Parti unique UMP/PS/LREM. C’est la fusion de tous les partis du système autour d’un candidat autoritaire et néolibéral protégé par un État policier militarisé.

C’est l’aboutissement du processus engagé en 2017. Mais à l’époque, c’était un coup de bluff, un pari. Macron, le candidat jeune, «start-up», sans programme, avait tout misé sur le soutien des grands médias pour s’imposer, sur fond de «barrage à l’extrême droite», avec son «projet» néolibéral. Le pari était risqué, et personne n’aurait pu imaginer qu’il puisse garder le pouvoir pour 10 ans.

Cinq ans plus tard, l’immense majorité de la population déteste Macron. Des millions de personnes ont souffert dans leur chair de ses politiques. Et les grands partis classiques de gauche et de droite ont disparu pour de bon. Alors comment faire pour garder le pouvoir ? En créant ce bloc bourgeois, uni derrière son chef. En faisant cela, les responsables du PS, de la droite et des verts tuent toute possibilité d’alternance.

Ce bloc est minoritaire sur le plan politique et sociologique. Il est contesté de partout. Il fonctionne donc uniquement sur le passage en force – ordonnances, 49.3, état d’urgence et grenades – et se maintient au pouvoir par le chantage au «barrage». C’est machiavélique. C’est lui ou le chaos. Lui ou le fascisme. Voire lui ET le fascisme. C’est le parti de l’ordre.

Macron a reconstitué un Parti Unique, illégitime, mais disposé à se maintenir au pouvoir pour défendre, coûte que coûte, les intérêts de la bourgeoisie. C’est le bloc de la guerre sociale. C’est un coup de force politique, une forme d’impérialisme électoral.

Macron déclare à présent qu’il veut rétablir le septennat. La bourgeoisie ne reculera devant rien pour garder le pouvoir le plus longtemps possible. Pas sur que ça marche indéfiniment.