Macron : le Roi est nu


Le Régime ne repose plus sur la mobilisation mais sur la démobilisation


Échec absolu du «grand meeting» d’entre-deux tours à Marseille samedi 16 avril. Quelques dizaines, voire quelques centaines de personnes, au mieux, ont assisté au discours de Macron. Malgré les plans serrés des équipes de communication de LREM, il était impossible de cacher l’échec : le président est seul. À Avignon la candidate d’extrême droite réunissait encore moins de monde. Autant dire que les deux finalistes sélectionnés par les médias sont massivement détestés : ils ne suscitent, ni l’un ni l’autre, ni adhésion, ni enthousiasme. À ce titre il n’est même pas étonnant que dans notre période post-démocratique, ce soient les deux candidats qui n’ont pas mené campagne, pas assumé de débat, qui soient en finale.

Au même moment, au moins 10 fois plus de personnes manifestaient contre Le Pen et Macron dans les rues des grandes villes de France. Ce qui est déjà historiquement faible : lors des séquences d’entre-deux tours des scrutins précédents, les mobilisations réunissent régulièrement des centaines de milliers de personnes.

Qu’est-ce que cela signifie de notre époque ? Nous ne sommes plus en période de grands débats, de grandes idéologies, ni même des grands régimes autoritaires. Les dictatures du passé comme les grands mouvements politiques, reposaient sur la «mobilisation». La légitimité venait des masses populaires. On pense aux meetings gigantesques, aux grands évènements militaires, aux démonstrations de force. Aujourd’hui, les autocrates sont incapables de mobiliser qui que ce soit. À part leur minuscule garde rapprochée et la police.

Dans ce régime à bout de souffle, les dirigeants actuels ne peuvent pas compter sur la mobilisation, au contraire, ils organisent la démobilisation. La résignation généralisée. Le cynisme. L’absence de perspectives. L’horizon politique des tyrans, c’est une population confinée, soumise et dépressive. Toute prise de rue, toute organisation commune est vue comme un danger. Fête de la musique réprimée dans le sang, manifestations interdites, associations dissoutes : l’horizon, c’est une société morte, qui n’a plus de réflexe, plus de contre-pouvoirs. C’est ce que Poutine a réussi à faire en Russie. Cela lui a pris 20 ans.

Nous voici au temps des régimes vides. Des colosses aux pieds d’argile. Les puissants n’ont pas de soutien. Les élus ne le sont que parce qu’ils suscitent une détestation un peu moins forte que leur adversaire. Le Roi est nu. Il peut donc être destitué.

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