Police : 30.000 réservistes en plus dans les rues


Le Régime agrandit ses milices avec des «citoyens volontaires» armés et quasiment non formés


Photos : Sud Ouest

«Les premiers réservistes massivement recrutés par la police patrouilleront dès la fin de l’été» annonce la presse officielle avec gourmandise. Macron est bien décidé à installer durablement un État policier : il embauche des agents à tour de bras, et comme ce n’est pas suffisant un appel à recruter des réservistes a été lancé en mars. L’idée est d’avoir «30.000 citoyens mobilisables 90 jours l’an» pour compléter les 140.000 policiers. 7.000 personnes ont déjà répondu. La gendarmerie vise «23.000 intérimaires» sur le même modèle.

Ces dizaines de milliers de citoyens vont donc être armés et envoyés dans les rues. Avec quelle formation ? 10 jours seulement, dont les «trois quart» sont consacrés à l’usage d’armes à feu. 170 munitions percutées en stand de tir. Le tout est complété par 30 minutes d’entretien et zou, c’est parti ! Ces réservistes seront très sollicités pour les JO de Paris et lors de la Coupe du monde de rugby, par exemple.

Le journal Sud Ouest publie des photos inquiétantes d’individus en rang brandissant des pistolets pour s’entraîner. Les paroles de ces volontaires le sont tout autant. Par exemple «Laurie éducatrice spécialisée» qui, une fois en uniforme, explique qu’elle ressent «une drôle de sensation mais qui n’est pas désagréable», ou Frédéric, chef d’entreprise, qui fait ça «pour la beauté du geste citoyen davantage que pour les 50 euros promis à chaque vacation». Laurie et Frédéric ne font sans doute pas partie du fan club de Mélenchon…

Ces recrutements massifs et rapides de réservistes complètent une salve d’embauche déjà délirante dans la police de métier. En 2020, Le Parisien avait publié une enquête accablante, expliquant que les critères pour être pris baissent à toute vitesse, car le gouvernement veut toujours plus de flics : «Les grilles d’évaluation ont été revues à la baisse ces dernières années pour éviter les notes éliminatoires» expliquait un policier. Un rapport du Sénat de novembre 2019 s’inquiétait même «de la capacité des forces de sécurité à réaliser, au cours des prochains exercices, les schémas d’emplois prévus». Des formateurs étaient aussi inquiets : «Il y a encore cinq ou six ans, on n’aurait pas pris en dessous de 9/20, depuis deux ans on descend à 7 ou 8/20, assure un autre formateur. 12 c’est déjà très moyen, alors 7… C’est du niveau collège.» Un autre : «Quelquefois on est à la limite du phonétique […] Une part des stagiaires ne sait pas s’exprimer clairement. Ils perdent facilement leurs moyens et deviennent agressifs». Ambiance.

Entre 2016 et 2019, les tirs à balles réelles par la police ont augmenté de 54%. Les autorités elles-mêmes s’alarment dans une note confidentielle du nombre de tirs «accidentels» ou commis «par imprudence» avec ces armes de guerre. Et cela chez des policiers formés pendant un an ! En envoyant des réservistes formés 10 jours, on ne voit vraiment pas ce qui pourrait mal se passer…

Un chiffre vertigineux pour finir : près d’un demi-million d’agents de contrôle et de répression. En additionnant les 30.000 policiers municipaux aux 140.000 fonctionnaires de la police nationale et aux 170.000 employés des sociétés privées de sécurité, l’État pourrait disposer d’environ 350.000 membres des forces de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, sans compter les 99.000 militaires de la gendarmerie nationale. Avec les réservistes, plus d’un demi-million d’agents du maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure, soit un potentiel ratio d’un pour 150 habitants. Vers un État totalitaire.


Sources :

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