🍕 Bonne nouvelle : Ă©chec de Domino’s Pizza en Italie


Histoire d’une firme fondĂ©e par un fanatique religieux et militant anti-IVG


Dominos Pizza quitte l’Italie ! Le gĂ©ant amĂ©ricain de la malbouffe avait dĂ©barquĂ© dans le pays en 2015. La firme amĂ©ricaine voulait concurrencer les pizzaĂŻolos dans leur propre pays et prĂ©voyait d’y ouvrir 880 restaurants. Par bonheur, cela n’a pas fonctionnĂ©. La population italienne a boycottĂ© l’entreprise et a continuĂ© d’aller dans les restaurants locaux, bien meilleurs. Domino’s Pizza Ă©tait endettĂ©e depuis 2020 dans le pays, elle vient d’annoncer qu’elle quittait l’Italie.

Derrière cette petite victoire, penchons-nous sur l’histoire de Domino’s Pizza, symbole du capitalisme mondial. L’entreprise possède 17000 points de vente autour du globe et vend des millions de mauvaises pizzas transformĂ©es, bourrĂ©es d’additifs chimiques, Ă  des prix Ă©levĂ©s et Ă  l’aide d’un argument marketing : la livraison Ă  domicile par des salariĂ©s Ă  scooter. Bien avant Uber, Domino’s a industrialisĂ© la pratique de la livraison de nourriture chez les gens, augmentant encore la sĂ©dentaritĂ© tout en exploitant des salariĂ©-es chargĂ©-es de courir les rues toutes les nuits pour livrer en un temps record. De la prĂ©paration Ă  la livraison de ces pizzas standardisĂ©es, de la prĂ©caritĂ© partout, et des superprofits.

En 2018, Domino’s Pizza se lance en Russie et propose d’offrir cent pizzas par an aux clients qui acceptent de se faire tatouer le logo de la marque et de se faire photographier sur les rĂ©seaux sociaux. Marchandiser la peau humaine pour imposer sa marque ne dĂ©range pas l’entreprise. La firme doit arrĂŞter l’opĂ©ration commerciale face Ă  son «succès». Avant l’essor des drones et des voitures automatiques, Domino’s expĂ©rimente dès 2016 la livraison avec des robots livreurs en Australie, puis plus rĂ©cemment au Texas.

Mais la multinationale n’incarne pas seulement ce que le capitalisme fait de pire. C’est aussi une machine de guerre Ă©conomique au service de l’obscurantisme religieux et de l’extrĂŞme droite. C’est un aspect moins connu : la firme a Ă©tĂ© fondĂ©e par un ancien militaire reconverti dans la restauration, Tom Monaghan. Le patron est un catholique fanatique qui va utiliser sa fortune pour faire de la politique. Aux USA, il finance des lobbys intĂ©gristes qui s’opposent au contrĂ´le des naissances et militent contre l’avortement. Avec les consĂ©quences que l’on connaĂ®t dĂ©sormais.

En Floride, le fondateur de Domino’s Pizza va mĂŞme construire une ville nouvelle entièrement catholique, qu’il baptise «Ave Maria». La construction commence en 2007 au milieu des marais de Floride, autour d’une cathĂ©drale. Dans cette ville, le prĂ©servatif est interdit, le plus grand crucifix des USA est Ă©difiĂ©, les pharmacie sont empĂŞchĂ©es de vendre des contraceptifs. C’est aussi une ville sans vote : l’autoritĂ© sur la ville revient aux propriĂ©taires terriens plutĂ´t qu’aux Ă©lecteurs et Ă©lectrices. Il n’y a pas d’Ă©lections municipales, «pour le moment» expliquent ses fondateurs. Le contrĂ´le de la CitĂ© appartient Ă  Monaghan et Ă  l’entreprise qui a construit la ville. Une vĂ©ritable dystopie obscurantiste. Aujourd’hui, Domino’s Pizza a Ă©tĂ© revendue Ă  Bain Capital, une entreprise financière gĂ©rĂ©e par le politicien rĂ©publicain rĂ©actionnaire Mitt Romney.

La dĂ©faite de Domino’s Pizza en Italie est donc une bonne nouvelle. Et elles se font rares en ce moment. C’est un revers pour une firme capitaliste, nuisible et idĂ©ologiquement dangereuse. Plus de pizzas, moins de patronat !

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