Le saviez-vous ? L’usage de l’eau en France


La sécheresse historique, qui n’est sans doute qu’une des premières manifestations du chaos climatique qui se développe, interroge sur la consommation d’eau.


Quelques chiffres sur nos usages de l'eau.

Lorsqu’on parle «d’économiser» ce précieux liquide, de «faire attention», on pense souvent à son usage «domestique». Celui des particuliers. L’eau que nous utilisons au quotidien pour boire, cuisiner, se laver, nettoyer… En réalité, cette consommation ne représente qu’une petite partie de toute l’eau consommée. Chaque année, ce sont 33 milliards de m3 qui sont «prélevés» en France. Sur cette quantité :

  • 48% est utilisée par l’agriculture. Donc près d’un litre sur deux. C’est, de très loin, la première dépense en eau. Beaucoup plus préoccupant, la moitié de cette immense quantité est consommée par une seule culture : celle du maïs. Oui, 25% de toute l’eau consommée en France sert à irriguer la culture intensive de maïs. Mais pourquoi ? Pour le bétail. Les humains consomment peu de cette céréale. Il est destiné à engraisser les animaux d’élevage, essentiellement les bovins. Un seul hectare de maïs – c’est à dire 100m sur 100m – consomme jusqu’à 3 millions de litres d’eau par an !
  • 28% de l’eau est destinée à un usage industriel et énergétique. C’est-à-dire qu’une partie sert à refroidir les centrales et s’évapore, une partie pour fabriquer des biens, transformer des produits…
  • Et enfin, 24% seulement de l’eau prélevée sert aux usages domestiques quotidiens des 67 millions de français, douches, bain, boisson…
  • Le gaspillage d’eau potable est énorme. On estime qu’un litre sur cinq est perdu dans des fuites de canalisations en France. 1,3 milliard de mètres cube traités par les usines d’épuration n’arrivent jamais au robinet, 20 % des volumes perdus, mais payés par les consommateurs. Cette eau qui fuit retourne toutefois dans la terre et peut rejoindre les nappes phréatiques.

Ces chiffres peu connus donnent un autre vision de la sécheresse et des solutions pour y répondre. Par ordre de priorité, d’abord, limiter en urgence l’agriculture intensive, les monocultures, diminuer massivement la consommation de viande. Le maïs qui nourrit les bovins consomme plus que tous les français réunis. C’est la première dépense en eau, largement devant toutes les autres.

Ensuite, améliorer le réseau de canalisations pour enrayer le gaspillage. Puis réduire l’usage par l’industrie. Et enfin, responsabiliser la consommation individuelle. Les fameux «petits gestes», mais qui pèsent finalement un poids dérisoire par rapport à tout le reste.


Des sources :

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