☢️ Nucléaire : incendie dans un atelier contenant de l’uranium


«Incidents » et menace nucléaire civile et militaire


Alerte générale ce mercredi 21 septembre à 17h10, dans l’usine Framatome située à Romans-sur-Isère, au Nord de Valence. Un atelier contenant de l’uranium est en feu. L’incendie est «parti d’une imprimante» selon les autorités. Confinement pour une centaine de salariés et déclenchement du «Plan d’Urgence Interne». Une quarantaine de pompiers éteignent le feu. Comme à chaque fois, la préfecture s’empresse de minimiser l’événement : «Les mesures n’ont pas révélées de diffusion radioactive pour le moment» dit un communiqué à 19h40.

Il y a des industries dont tout le monde fait semblant de ne pas se préoccuper, comme pour oublier qu’elles existent et garder l’esprit serein. Framatome est de celles là. C’est une importante multinationale qui équipe et conçoit, depuis les années 1950, les centrales nucléaires et gère la maintenance des réacteurs français. Aujourd’hui, Framatome est une filiale d’EDF et emploie 14.000 salariés.

Depuis plusieurs mois, le monde vit de nouveau suspendu à la menace nucléaire. Les armées russe et ukrainienne s’affrontent dans la plus grande centrale nucléaire d’Europe, comme deux enfants jouent aux allumette sur un baril de poudre. Les dirigeants se menacent d’un anéantissement atomique. Cet été, des incendies incontrôlables ont ravagé des milliers d’hectares en Bretagne et approché la vieille centrale nucléaire de Brennilis, qui n’est toujours pas démantelée. La canicule a provoqué l’arrêt de la moitié des centrales nucléaires françaises car il faut de l’eau en permanence pour refroidir les réacteurs, et avec la sécheresse les cours d’eau sont trop chauds ou trop bas. Le 11 septembre, un séisme de 4,8 sur l’échelle de Richter a touché l’Alsace, à proximité de la centrale de Fessenheim. Les autorités avaient pourtant promis juré craché qu’aucune installation ne présentait de risque sismique. Le nucléaire, c’est le risque permanent d’une catastrophe majeure. Et des périls de plus en plus rapprochés.

Des «incidents» comme celui de Framatome ont lieu régulièrement, dans l’indifférence. Le 21 décembre 2021, EDF annonçait avoir pollué les sols et les eaux sous la centrale du Tricastin, dans la Drôme. 900 litres d’effluents provenant de la zone nucléaire ont débordé lors d’un transfert fin novembre et se sont déversés dans le réseau de collecte d’eaux pluviales. La même semaine, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cattenom, dans le Grand est, s’est arrêté soudainement suite à un «problème électrique». Dans la même centrale, un autre «incident» vient d’être signalé. En 2019, l’ACRO – Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest – relevait la présence de tritium, élément radioactif issu des centrales, dans l’eau de la Loire et celles du robinet à Nantes. Ce ne sont que quelques exemples, parmi ceux qui sont rendus publics.

Malgré cela, Macron veut construire d’autres centrales et prolonger la vie de réacteur vieillissants, et tout un lobby pro-nucléaire s’active pour imposer son dogme périmé. L’industrie atomique est dangereuse, peu fiable, très chère et peu durable. Pour une centrale qui fonctionnera 40 ans, une pollution radioactive menacera l’humanité pour 100.000 ans. Et pour couronner le tout, le nucléaire français est dépendant de minerais extraits au Niger ou au Kazakhstan, à des milliers de kilomètres. Une énergie qui repose sur l’exploitation coloniale.

Ce mercredi, 21 septembre 2022, une simple imprimante a failli faire flamber un atelier d’uranium en France. Prétendre maîtriser cette technique, faire croire que l’humain serait infaillible relève d’un orgueil démesuré. Ce que les grecs anciens appelaient «l’hubris», le pire des défauts. Arrêtons cette folie.

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