Dialogue de sourds


“Nous avons fait le choix du dialogue.”
Élisabeth Borne, le 19/10/2022 à l’Assemblée Nationale.


C’était la déclaration de la première ministre française devant les parlementaires ce mercredi soir dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances 2023. Un discours prononcé seulement quelques instants avant que le gouvernement n’active le 49.3 sur le projet du budget 2023. Un passage en force, sans vote. 24h plus tard, l’article 49.3 était une nouvelle fois dégainé pour imposer cette fois-ci le budget de la Sécurité Sociale. Une sinistre manière de dialoguer pour une majorité fragilisée et totalement impopulaire, qui impose sans consultation ses projets de loi et réformes anti-sociales.

La brutalisation de la vie politique dans l’hémicycle, reflet de la répression de la rue. Toute la semaine les lycéens en lutte étaient réprimés par les forces de l’ordre. Gazés, tabassés, parfois arrêtés à Nanterre, Vitry-sur-Seine ou Saint-Nazaire. Lors du blocus d’un lycée de la région lyonnaise, un jeune photographe de 17 ans était touché à l’arcade par un tir de LBD. Le 18 octobre à Paris, la manifestation était marquée par des violences policières. Les policiers agressaient le cortège syndical à coups de tonfas, chargeant le service d’ordre à de multiples reprises et blessant de nombreuses personnes. Quelques jours plus tôt, le gouvernement envoyait des gendarmes chez les grévistes des raffineries pour les remettre au travail. Réquisitionner les travailleurs pour briser la grève.

Voilà le sens du dialogue selon les ministres de Macron : un régime autoritaire galopant, une gouvernance par ordonnances et 49.3, la brutalité sociale et la matraque. Les macronistes n’ont plus aucune limite. Ils iront jusqu’au bout à moins que nous les en empêchions. Reprenons-l’offensive et vite !