Meute enragée

Il y a quatre jours, le jeune député NUPES Louis Boyard, invité dans l’émission de Cyril Hanouna à parler des réfugiés en Méditerranée, dénonçait la responsabilité des milliardaires qui pillent l’Afrique dans les mouvements migratoires. À peine avait-il prononcé le nom de Bolloré, propriétaire de la chaîne, qu’il était interrompu, puis insulté à de nombreuses reprises et menacé physiquement par le présentateur. Il n’a jamais pu finir sa phrase. Hanouna, hors de lui, déclarait notamment : «je ne crache pas dans la main qui me nourrit». Les aboiements d’un caniche qui défend son maître.

La scène surréaliste a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant colère, moquerie, mépris. Le député Louis Boyard annonçait peu après sa volonté d’un meilleur contrôle des médias et une plainte contre Hanouna.

Lundi 14 novembre, le présentateur a donc organisé une attaque en meute : une émission de 2h30 uniquement destinée à salir le député. 2h30 en présence d’élus d’extrême droite, de chroniqueurs abrutis, de laquais, tous venus vomir leur haine du jeune député. Des échanges privés et les fiches de paies de Louis Boyard ont été dévoilés, des torrents d’insultes et de diffamations ont été prononcés. Sur le plateau, tout monde s’accorde à dire que parler de Bolloré est une “trahison” et même un “coup monté”.

Et tout cela en l’absence de l’intéressé, courageusement. Une chroniqueuse a même proposé très sérieusement au présentateur de «lécher ses plaies». Difficile de faire plus clair.

Cette meute enragée prouve une nouvelle fois que Hanouna n’est pas qu’un stupide présentateur de talk-show : c’est un militant déterminé qui travaille à faire infuser les idées d’extrême droite dans les esprits. Son émission n’est pas un divertissement débilitant mais une arme entre les mains du milliardaire Bolloré qui impose en France une forme de fascisme télévisuel. Enfin, le fait d’organiser 2h30 de direct uniquement à charge contre un député de 22 ans montre que Hanouna et son clan sont terrorisés.


Résumé de l’émission par Caisses de grève

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