Une deuxième personne dans le coma, la police traque les blessés dans les hôpitaux, Darmanin menace la manif de demain…


Suite à la terrible répression à Sainte-Soline, la barbarie d’État semble ne plus avoir de limites. C’est l’escalade à tous les niveaux. Le gouvernement a peur et sort les crocs. On fait le point ce lundi soir :


Traque dans les hôpitaux

Ce midi, le collectif Les Soulèvements de la Terre alertait sur le fait que plusieurs blessé-es dans différents hôpitaux ont vu leurs affaires saisies par le personnel hospitalier, à la demande de la police. Une cellule composée de 114 enquêteurs est en train d’enquêter sur les manifestant-es, et notamment sur les personnes gravement blessée samedi. «Ils sont à la recherche de toute trace de participation à la manifestation, tant les habits que les téléphones portables» explique le message qui circule. Si vous êtes proche d’une personne blessée, prévenez-la et protégez-la.
Ce ne serait malheureusement pas une première : le 4 novembre, Robin, blessé à la tête lors d’une précédente marche contre les mégabassines, passait son scanner avant sa sortie, lorsque les équipes médicales ont contacté les forces de l’ordre afin de procéder à son arrestation.

Un deuxième homme dans le coma

Samedi, plusieurs personnes ont été évacuées inconscientes après des tirs de la police. En plus de S., dans le coma après avoir reçu une grenade explosive dans la tête, un deuxième homme était lui aussi dans un état grave après un tir de LBD dans la trachée. Hospitalisé en urgence vitale, il a de nouveau son pronostic vital engagé ce lundi. Sa mère, très émue, interrogée dans les médias évoque une opération du cerveau suite à une hémorragie dans la tête.

Fiché S : la légitimation de la barbarie

«Fiché S, membre de l’ultra-gauche, black bloc : le profil du manifestant grièvement blessé» ose titrer le média de Bolloré Europe 1. BFM surenchérit en expliquant qu’il serait «connu des services de renseignement depuis au moins l’année 2009» et qu’il aurait participé à des manifestations «lors du G7 de Biarritz ou contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes».

Un homme est donc entre la vie et la mort après avoir reçu une grenade et il est déjà sali par les ordures médiatiques. Les valets du régime diffusent telles quelles les informations de la police politique, des engagements remontant parfois à 10 ans, pour justifier le crime. Dans leur infinie ignominie, les rapaces insinuent que, puisqu’il est fiché, on peut le tuer.

Rappelons qu’en France, toutes les personnes encore un peu vivantes et désobéissantes sont fichées S, il suffit de manifester une fois pour le climat ou pour le partage des richesses, d’aller sur une ZAD ou de bloquer une route. Ne détournez pas le regard : demain, c’est vous, ou vos proches.

Pour rappel, le siège de BFM est au 2 rue du Général-Alain-de-Boissieu dans le 15e arrondissement de Paris, non loin de celui d’Europe 1, quai André-Citroën (rue des Cévennes).

Menace de Darmanin

À la veille de la journée de grève générale du mardi 28, le ministre de l’Intérieur annonce qu’il va encore augmenter le nombre de flics. Il promet un «dispositif de sécurité inédit» et un «niveau de mobilisation jamais atteint» : 13000 agents mobilisés, dont 5500 à Paris.

Pour se justifier, Darmanin agite le fantasme de l’ultra gauche qui veut «tuer» des forces de l’ordre, alors que c’est exactement l’inverse : depuis des semaines, les opposant-es sont la cible de rafles, de mutilations et de tentatives de meurtres avec des armes de guerre. Macron choisit donc l’escalade sans fin, alors que deux hommes sont entre la vie et la mort, et des dizaines d’autres personnes mutilées. Dans n’importe quel pays voisin, le ministre de la police démissionnerait et le gouvernement s’excuserait. En France, c’est la surenchère.

Ne cédons pas à la peur. La période est historique. Ensemble nous sommes plus forts.

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.